Mary Shelley

Résumé

Mary Shelley,  Frankenstein (1818)

“ Vous avez tort, répliqua le Démon ; et, au lieu de me servir de menaces, je me contenterai de raisonner avec vous. Je suis méchant, parce que je suis malheureux. Ne suis-je pas abandonné et haï par toute l’espèce humaine ? Vous, mon créateur, si vous me mettiez en pièces, vous en triompheriez : souvenez-vous-en, et dites-moi pourquoi j’aurais pour l’homme plus de pitié qu’il ne m’en témoigne. Vous ne croiriez pas commettre un meurtre, si, me précipitant dans un de ces abîmes de glace, vous me fesiez périr, moi, l’ouvrage de vos mains. Respecterai-je l’homme lorsqu’il me méprise ? ”
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Mary Shelley,  Frankenstein (1818)

“ Justine ! pardonne-moi d’avoir pu un moment manquer de confiance en toi. Pourquoi faire un aveu ? mais ne t’afflige pas, ma chère fille ; je proclamerai partout ton innocence, et je forcerai d’y croire. Cependant il faut que tu meures ; toi, ma compagne, toi qui étais pour moi plus qu’une sœur. Je ne pourrai survivre à un malheur aussi affreux ».
— « Ma chère, ma bonne Élisabeth, ne pleurez pas. Vous devriez me donner du courage en me parlant d’une meilleure vie, et m’élever au-dessus des misères de ce monde d’injustice et de malheur. Mon excellente amie, ne me livrez pas au désespoir ».
”
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Mary Shelley,  Frankenstein (1818)

“ Le passé me paraissait comme un songe effrayant, et pourtant le vaisseau qui me portait, le vent qui m’éloignait du rivage détesté de l’Irlande, et la mer qui m’entourait, ne m’apprenaient que trop que je n’étais pas trompé par une vision, et que Clerval, mon ami et mon cher compagnon, avait été ma victime et celle du monstre que j’avais créé. Je repassai dans ma mémoire tous les événemens de ma vie, mon bonheur paisible pendant que j’étais à Genève au sein de ma famille, la mort de ma mère, et mon départ pour Ingolstadt. ”
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