Mary Shelley

Élements biographiques

Mary Shelley,  Frankenstein (1818)

“ Vous avez tort, répliqua le Démon ; et, au lieu de me servir de menaces, je me contenterai de raisonner avec vous. Je suis méchant, parce que je suis malheureux. Ne suis-je pas abandonné et haï par toute l’espèce humaine ? Vous, mon créateur, si vous me mettiez en pièces, vous en triompheriez : souvenez-vous-en, et dites-moi pourquoi j’aurais pour l’homme plus de pitié qu’il ne m’en témoigne. Vous ne croiriez pas commettre un meurtre, si, me précipitant dans un de ces abîmes de glace, vous me fesiez périr, moi, l’ouvrage de vos mains. Respecterai-je l’homme lorsqu’il me méprise ? ”
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Mary Shelley,  Le Salmigondis

“ « C’est un ange, car c’est Flora Mancini. »
—— « Mancini ! » répéta Fabiano, en prenant un air à la fois plus affable et plus respectueux : « Êtes-vous, madame, » dit-il, « la fille orpheline d’Ugo Mancini, la sœur de Lorenzo, remise par lui sous ma garde ? » Depuis la soirée où il avait reçu cette noble marque de confiance, le comte, grace au soin constant que sa pupille prenait de l’éviter, ne l’avait point revue. Elle répondit à sa demande par un salut affirmatif, mais son cœur oppressé ne lui permit pas de proférer une seule parole.
”
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Mary Shelley,  Frankenstein (1818)

“ Justine ! pardonne-moi d’avoir pu un moment manquer de confiance en toi. Pourquoi faire un aveu ? mais ne t’afflige pas, ma chère fille ; je proclamerai partout ton innocence, et je forcerai d’y croire. Cependant il faut que tu meures ; toi, ma compagne, toi qui étais pour moi plus qu’une sœur. Je ne pourrai survivre à un malheur aussi affreux ».
— « Ma chère, ma bonne Élisabeth, ne pleurez pas. Vous devriez me donner du courage en me parlant d’une meilleure vie, et m’élever au-dessus des misères de ce monde d’injustice et de malheur. Mon excellente amie, ne me livrez pas au désespoir ».
”
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