Françoise de Graffigny,
Lettres d’une Péruvienne
“ SI vous n’étiez la plus noble des créatures, Monsieur, je serois la plus humiliée ; si vous n’aviez l’ame la plus humaine, le cœur le plus compatissant, seroit-ce à vous que je ferois l’aveu de ma honte & de mon désespoir ? Mais hélas ! que me reste-t-il à craindre ? qu’ai-je à ménager ? tout est perdu pour moi. Ce n’est plus la perte de ma liberté, de mon rang, de ma patrie que je regrette ; ce ne sont plus les inquiétudes d’une tendresse innocente qui m’arrachent des pleurs ; c’est la bonne foi violée, c’est l’amour méprisé qui déchire mon ame. Aza est infidéle. ”

