Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos

Élements biographiques

Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos Les liaisons dangereuses. Tome 2 (1932)

Quel bonheur de pouvoir vivre uniquement pour vous deux, de passer sans cesse des délices de l'amour aux douceurs de l'amitié, d'y consacrer toute mon existence, d'être en quelque sorte le point de réunion de votre attachement réciproque ; et de sentir toujours que m'occupant du bonheur de l'une, je travaillerois également à celui de l'autre ! Aimez, aimez beaucoup, ma charmante amie, cette femme adorable. L'attachement que j'ai pour elle, donnez-y plus de prix encore, en le partageant. Depuis que j'ai goûté le charme de l'amitié, je désire que vous l'éprouviez à votre tour.
Source : Gallica

Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos Les liaisons dangereuses. Tome 2 (1932)

On ne tremble point auprès de l'homme qu'on estime ; on n'éloigne pas, surtout, celui qu'on a jugé digne de quelque amitié : c'est l'homme dangereux qu'on redoute et qu'on fuit.
Cependant, qui fut jamais plus respectueux et plus soumis que moi? Déjà, vous le voyez, je m'observe dans mon langage ; je ne me permets plus ces noms si doux, si chers à mon cœur, et qu'il ne cesse de vous donner en secret. Ce n'est plus l'amant fidèle et malheureux, recevant les conseils et les consolations d'une amie tendre et sensible ; c'est l'accusé devant son juge, l'esclave devant son maître.
Source : Gallica

Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos Les liaisons dangereuses. Tome 2 (1932)

Je sais que j'ai outragé indignement une femme digne de toute mon adoration ; je sais que mes torts ont seuls causé tous les maux qu'elle ressent ; je ne prétends dissimuler mes fautes, ni les excuser ; mais vous, Madame, craignez d'en devenir complice en m'empêchant de les réparer. J'ai enfoncé le poignard dans le cœur de votre amie, mais je peux seul retirer le fer de la blessure ; seul, je connois les moyens de la guérir. Qu'importe que je sois coupable, si je puis être utile ! Sauvez votre amie ! sauvez-la ! elle a besoin de vos secours et non de votre vengeance.
Source : Gallica

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