M. Paléologue

Résumé

M. Paléologue Madame de Chateaubriand

Céleste de La Vigne se lia de bonne heure avec Mlles de Chateaubriand, et se prit d’amitié pour Lucile ; elles se voyaient à Saint-Malo, dans l’intervalle des séjours de M. de Chateaubriand, le père, à Combourg.
Lucile était déjà l’âme délicate, rêveuse et tournée à la mélancolie qui devait inspirer l’Amélie de René; Mlle de La Vigne était douée, au contraire, d’un esprit positif et mesuré, d’une intelligence vive que n’égarait aucun écart d’imagination, et de cette vue saine et juste des choses que les crises les plus graves de sa vie ne troublèrent jamais.
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M. Paléologue Madame de Chateaubriand

Pendant la belle saison, M. et Mme de Chateaubriand se rendaient à Villeneuve-sur-Yonne, où Joubert allait, chaque année, chercher un peu de solitude et de repos. Ils y goûtaient, mieux encore qu’à Paris, l’aménité de son esprit, la tendresse ingénieuse de son cœur, son dévoûment à l’amitié, et la philosophie sereine et délicate qui s’exhalait de cette âme haute et pure. Ce fut pendant un séjour chez leur ami qu’ils reçurent la nouvelle de la mort subite de Lucile : elle avait succombé, le 9 novembre 1804, à un mal mystérieux; on pensa même qu’elle s’était tuée.
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M. Paléologue Madame de Chateaubriand

Et cette lacune sentimentale était d’autant plus grave chez Mme de Chateaubriand qu’elle eut précisément pour rivales deux femmes qui, à leur heure, personnifièrent au plus haut degré le charme féminin, Mme de Beaumont et Mme Récamier.
Au contraire des admiratrices de « René, » qui le considéraient toutes comme un être exceptionnel, comme un demi-dieu qui eût condescendu à partager les passions humaines, elle s’amusait, par esprit de taquinerie, à le rabaisser au niveau des communs mortels.
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