Maurice Souriau

Résumé

Maurice Souriau Les idées morales de Chateaubriand (1909)

« Jeune, je cultivais les muses ; il n'y a rien de plus poétique, dans la fraîcheur de ses passions, qu'un cœur de seize années : le matin de la vie est comme le matin du jour, plein de pureté, d'images et d'harmonies (1) . » Une chose en plus lui assure la durée, et rend par conséquent plus intéressante l'étude de l'influence morale d'un livre qui, ayant encore des lecteurs, continue à agir sur la moralité ambiante : c'est la vie très forte et très bizarre du principal personnage.
On sait de reste que, comme nous l'avons vu pour les Natchez, René est le portrait de Chateaubriand.
Source : Gallica

Maurice Souriau Les idées morales de Chateaubriand (1909)

René est un sentimental, Chateaubriand a la tendresse dure et cinglante (4) . René est tout d'une pièce, tandis que, comme l'a vu très justement un de ses récents biographes, Chateaubriand est compliqué : il y a en lui au moins deux hommes, ou pour mieux dire deux amoureux, l'un bon, spirituel, l'autre plein de brusquerie, morose, impérieux (5) ; il n'y a pas là de contradiction essentielle : Chateaubriand est charmant quand on l'aime comme il veut être aimé ; il est âpre, despotique, quand on veut le confisquer ; il ne se laisse pas mettre en tutelle : il défend les droits de son génie.
Source : Gallica

Maurice Souriau Les idées morales de Chateaubriand (1909)

Mais on ne peut demander à chaque écrivain, fût-il le plus génial du monde, que de chanter sa propre chanson. Chacun comprend l'apologétique à sa façon, et Chateaubriand pouvait prétendre que sa manière à lui en valait bien une autre ; Pascal, qui savait si bien adapter ses démonstrations à la volonté de son disciple, l'a dit : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point... C'est le cœur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c'est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison (2) . »
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature