Maurice Souriau

Élements biographiques

Maurice Souriau,  Histoire du Parnasse

“ « le chef-d’œuvre peut-être du poète est une pièce... que sait par cœur quiconque en France aime encore les vers. Midi, l’heure de l’implacable clarté et du soleil vertical versant ses rayons plombés sur la terre silencieuse, l’heure qui ne laisse à l’ombre qu’une étroite ligne bleue au bord des bois... Il sait en rendre, mieux que personne ne l’a fait avant lui, l’accablement lumineux et la sereine tristesse. Dans ses vers la flamme de l’atmosphère semble danser au chant des cigales, mais le poète ne demande aucune consolation à la nature indifférente et morne [98] ». ”
Source : Wikisource

Maurice Souriau,  Histoire du Parnasse

“ Leconte de Lisle a son sourire des bons jours, et, de temps en temps, dit à mi-voix : — Beaux vers ! — Marras, à la belle tête brune, pareil à un mousquetaire d’Alexandre Dumas, fronce le sourcil, dans son attention passionnée. Frédéric Plessis, un nouvel habitué, doux, timide, écoute, le regard tendu vers l’au-delà. Anatole France semble aux aguets. À peine le dernier alexandrin a-t-il expiré au milieu des applaudissements, que France se lève, s’avance, et coupe l’enthousiasme : — Mon cher, j’ai noté un pléonasme : mirage décevant. Un mirage est toujours décevant. ”
Source : Wikisource

Maurice Souriau,  Histoire du Parnasse (1929)

“ Parnasse : « Barrer son cœur aux passions humaines, et demeurer, ainsi qu'il convient, le spectateur farouche et froid du drame de la vie, écrire en un style somptueux et compliqué auquel ne puisse rien entendre le Vulgaire, et s'inspirer toujours des temps et des régions énigmatiques sur lesquels flottent comme un voile divin l'Idéal et l'Ombre ; voilà le vrai critérium, le seul, le nôtre, celui de l'Hôtel du Dragon-Bleu ! Car c'est nous qui sommes les Impassibles ! Je suis, moi, impassible Indou, et je m'en fais gloire ; ce monsieur là-bas est impassible Scandinave ». ”
Source : Gallica

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