Maurice Souriau

Résumé

Maurice Souriau Histoire du Parnasse

« le chef-d’œuvre peut-être du poète est une pièce... que sait par cœur quiconque en France aime encore les vers. Midi, l’heure de l’implacable clarté et du soleil vertical versant ses rayons plombés sur la terre silencieuse, l’heure qui ne laisse à l’ombre qu’une étroite ligne bleue au bord des bois... Il sait en rendre, mieux que personne ne l’a fait avant lui, l’accablement lumineux et la sereine tristesse. Dans ses vers la flamme de l’atmosphère semble danser au chant des cigales, mais le poète ne demande aucune consolation à la nature indifférente et morne [98] ».
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Maurice Souriau Histoire du Parnasse

Gautier en est, et l’aide à lutter contre la laideur de la réalité : l’emprise de cette perfection plastique sur Mallarmé est telle que son enthousiasme va jusqu’à l’émotion physique : « je lis les vers de Théophile Gautier aux pieds de la Vénus éternelle... Au bord de mes yeux calmes s’amasse une larme dont les diamants primitifs n’atteignent pas la noblesse : — est-ce un pleur d’exquise volupté ? Ou, peut-être, tout ce qu’il y avait de divin et d’extra-terrestre en moi a-t-il été appelé comme un parfum par cette lecture trop sublime [4] ? »
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Maurice Souriau Histoire du Parnasse (1929)

Parnasse : « Barrer son cœur aux passions humaines, et demeurer, ainsi qu'il convient, le spectateur farouche et froid du drame de la vie, écrire en un style somptueux et compliqué auquel ne puisse rien entendre le Vulgaire, et s'inspirer toujours des temps et des régions énigmatiques sur lesquels flottent comme un voile divin l'Idéal et l'Ombre ; voilà le vrai critérium, le seul, le nôtre, celui de l'Hôtel du Dragon-Bleu ! Car c'est nous qui sommes les Impassibles ! Je suis, moi, impassible Indou, et je m'en fais gloire ; ce monsieur là-bas est impassible Scandinave ».
Source : Gallica

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