Plagiat

Définition et enjeux

Armand Dalloz,  Répertoire méthodique et alphabétique de législation… (1845-1870)

“ Il ne faut pas confondre avec la contrefaçon l'imitation ou le plagiat. Non-seulement la loi pénale n'atteint pas l'imitation, mais l'imitation est souvent avouée par le goût. Nous la voyons dans Racine et dans Corneille égaler les originaux. Lors même qu'elle affaiblit le modèle, c'est toujours une oeuvre de l'esprit qui ne relève que de la critique. Le plagiat est le vol littéraire. — Le plagiaire publie sous son nom le travail d'autrui. Il veut s'attribuer une gloire qui ne lui appartient pas. ”
Source : Gallica

Collectif,  Encyclopédie anarchiste

“ Le plagiaire (plagiarus, de plaga, plaie, coup) était condamné au fouet pour avoir commis le crime de plagiat. Martial, satirique romain, ayant fait un rapprochement entre le plagiaire et celui qui méritait le fouet de l’opinion publique pour s’être approprié les pensées d’autrui, il semble qu’il y ait eu là l’origine de l’application des mots plagiat et plagiaire à la friponnerie littéraire et, par extension, à celle de l’art. Car cette sorte d’industrie s’exerce aussi dans les beaux arts et les arts appliqués. ”
Source : Wikisource

Portrait de Anatole France Anatole France,  La Vie littéraire

“ Nos pères tenaient, en ce second sens, le plagiat pour abominable. Aussi y regardaient-ils à deux fois avant de l'imputer à un homme de bien. Pierre Bayle donne dans son Dictionnaire une définition qui n'est pas sans fantaisie mais qui ne s'en fait que mieux comprendre: «Plagier, dit-il, c'est enlever les meubles de la maison et les balayures, prendre le grain, la paille, la balle et la poussière en même temps.» Vous entendez bien, pour Pierre Bayle comme pour les lettrés de son âge, le plagiaire est l'homme qui pille sans goût et sans discernement les demeures idéales. ”
Source : Gutenberg

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