J.-H. Rosny aîné

J.-H. Rosny aîné

Le Termite (1889)

Résumé

Portrait de J.-H. Rosny aîné J.-H. Rosny aîné Le Termite (1889)

Oh ! tout ce qu’est un être... de combien d’êtres ça se compose... les siècles d’efforts dont c’est sorti... l’horreur de sentir cela dans soi-même... l’horreur d’être une machine plus sensible à toutes variations du temps que les plus fins instruments de physique !...
À cette plainte traditionnelle de moribond, Noël ressentit une pitié de fibres, vite transformée en élément d’art, en souffrance hypothétique. Sa rancune demeura, cruelle, curieuse, l’induisant à scruter, aux reflets des yeux de Chavailles, une fin rapide, la libération de Luce.
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Un cadavre traversa le songe, le reporta vers Chavailles étendu, l’haleine dure d’un cheval assommé, dans une senteur de chairs malades, de cellules fades et pleines d’extravase. De nouveau de la pitié physique, avec une fausse miséricorde : « Il vaudrait mieux, pour lui-même... »
Le frisson d’une tenture... Servaise vit Luce comme une belle déesse des nues, pâle un peu de lassitude. À sa jeune vie, aux tremblements de sa robe, la mort s’évanouit, ou plutôt, il n’en demeura juste que la fine ivresse funèbre qui sied à l’amour.
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Chez Noël, l’incertitude, mais aussi la joie orageuse d’avoir parlé, le triomphe de l’action pour l’action. Nullement prêt à d’autres initiatives, tenté d’une légende et parti à l’aventure, il attendait la réponse à la timidité de l’effort. Elle, encore étourdie, avait déjà un demi-sourire. Dans son âme abreuvée du mépris de Chavailles, passa la malice de l’esclave, la moquerie de la faute impondérable. Tranquille sur l’avenir immédiat — et trop peureuse pour imaginer au delà le ténu péché d’intention — elle aima l’aventure et la vécut en demi-teintes comme celles de la lampe sur les meubles.
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