aîné J.-H. Rosny

Résumé

aîné J.-H. Rosny Les Corneilles

Alors Jacques descendit lentement le monticule, et toute la scène lunaire, l'herbe, la branche épanouie, les meneaux bleuâtres, la vierge frêle et divine, pour toujours s'inscrivirent au fond de son cerveau. À quelques pas d'elle, il s'arrêta, la tête nue. Il était plein de religieux respect. Des phrases d'adoration se pressaient, insonores, sur ses lèvres. Il n'osait plus regarder Madeleine, il regardait les plis de la robe blanche, l'ombre cendreuse étalée sur le pré. Le vague frisson de la campagne lui semblait un bruit d'océan. Brusquement il balbutia:
—Pardonnez-moi!
Source : Gutenberg

aîné J.-H. Rosny Les Corneilles

Jacques regarda Semaise avec un peu de surprise dédaigneuse, et sans qu'un trouble parût dans la beauté de sa face, avec l'aise d'une personnalité probe, courageuse et fraternelle:
—Ce serait, monsieur, une noble action à nous d'éviter un duel. Dans notre patrie, le sang de ceux qui peuvent servir est plus précieux qu'ailleurs.
Une âpre émotion prit Semaise. Sa conscience était émue de l'appel, mais, en même temps, s'élargissait sa rancune. Et soudain, brutal:
—La première qualité du soldat français, monsieur, c'est la bravoure.
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aîné J.-H. Rosny Les Corneilles

Jacques, seul, semblait absorbé par une touffe d'Achillée, ses paillettes pures épanouies à la Lune. Une effraye passa, ramant sans bruit de ses ailes cotonneuses, un fuseau de petites nues était posé sur le firmament et la vie, décrue sur toutes choses était solennelle, chaste et religieuse. Jacques soupira; il monta lentement le flanc de l'ados. Au loin, une porte s'ouvrait lourdement, se refermait, et Semaise était déjà entré aux Corneilles quand l'officier se trouva debout sur une faible éminence, triste et tout plein d'amour, à contempler la fenêtre de Madeleine.
Source : Gutenberg

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