Francis Maratuech

Résumé

Francis Maratuech L'Échéance ! (1894)

Cet humiliant refus confirme mes atroces soupçons et détruit ma dernière espérance. Je souffre, je souffre trop! Je ne puis plus adresser la parole à mon père ; cette existence me tue... Pauvre Jeanne, douce, confiante et triste, tu n'avais encore que le pressentiment de la douleur!... Quelle terrible journée j'ai passée, hier!... Il me semblait que le radieux épanouissement des choses insultait au deuil de mon âme, à
l'humiliation de toutes mes fiertés... Mon Dieu ! quel martyre et que de larmes dans un jour ! Quelles sont les causes mystérieuses qui bouleversent ma vie?
Source : Gallica

Francis Maratuech L'Échéance ! (1894)

Ce verbiage de mauvais augure faisait visiblement souffrir madame Florenzac. Jacques, brusquement, y coupa court :
— C'est bon, c'est bon! Après? Je te connais assez pour savoir que tu n'es pas uniquement venu pour nous conter des histoires, à ma mère et à moi.
Changeant de ton, le passant se fit humble et bonasse. Après avoir interrogé d'un coup d'œil le visage de son interlocuteur, il répondit en retroussant, dans un mauvais sourire, ses lèvres minces :
— C'est pourtant vrai, notre maître, que je n'ai pas du temps de reste, « moi », pour flâner.
Source : Gallica

Francis Maratuech L'Échéance ! (1894)

Bientôt un bruit léger, un frôlement de branches, une ombre masquant l'entrée : c'était Jeanne, en effet ! Jeanne qui venait, seule, de son doux pas glissant... Elle s'agenouilla devant la rampe naturelle que la chute lente et continue des eaux éleva devant l'autel de l'Ermite, avant que la voûte fût cimentée comme maintenant.
Florenzac distinguait, de sa place, un profil sculptural, mi-voilé par de petites mains blanches éclairées par le crépuscule rose emplissant la baie, il crut voir aussi des larmes brillantes glisser entre les doigts. La jeune fille priait en soupirant, se croyant seule.
Source : Gallica

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