Résumé

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Arlette des Mayons: Roman de la terre et de l'école (1917)

Sous l’insulte paternelle, Augustin ne broncha pas.
Maître Augias le considéra en silence un long moment, et dit enfin :
— En te quittant, et pour me consoler, j’irai, dès mon arrivée aux Mayons, voir les Bouziane. Leur Victorin est plus près que toi de mon cœur, plus près cent fois. Adieu, Augustin, je t’ai serré dans mes bras tantôt en arrivant, je regrette de ne pas faire de même en te quittant, mais tu m’en as ôté le désir.
Il s’éloigna d’un pas ferme ; puis, se retournant, au moment de sortir, il ajouta :
— Adieu... quand tu auras retrouvé une patrie, tu trouveras un père.
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Arlette des Mayons: Roman de la terre et de l'école (1917)

Je suis fier d’être un paysan. O Victorin ! plains l’aveugle, qui jamais plus ne conduira l’araire et ne verra plus la grande lumière pleuvoir sur les blés et sur les vignes. Et toi, qui as le bonheur de regarder encore ces choses, de vraiment revoir le pays avec tes yeux, aime-le, Victorin, et, tant que tu pourras, jamais ne le quitte !...
Le soir, à la table paternelle, où il venait de s’asseoir :
— Mon père, dit Victorin, grand-père avait raison. Demandez, je vous prie, aux Revertégat s’ils veulent toujours me donner Martine, et à Martine si elle veut encore de moi.
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Arlette des Mayons: Roman de la terre et de l'école (1917)

Le cœur vous commande toujours, vous, Arnet ; et quand c’est ainsi, le reste se pardonne aisément.
— Je ne dis pas trop de mal de moi, fit Arnet, mais j’en dois dire un peu, pour être juste. Je n’étais pas bête en mon temps, et j’avais de bons bras. Si j’avais voulu faire le paysan, sous les ordres de mon père qui avait un peu de bien, j’aurais pu, comme beaucoup d’autres, devenir un peu riche, assez pour être tout à fait libre ; mais non, j’aimais faire courir les pèlerins et les sangliers... J’aimais la chasse ; et la chasse, c’est une passion qui fait tout oublier.
Source : Gutenberg

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