Jean Lorrain,
Heures de Corse
(1905)
“ Ajaccio ! Ajaccio ! Cette fois, nous arrivons ! Subitement guéri, je saute à bas de ma couchette, gagne l’escalier et monte sur le pont ; l’air vif me ranime. Ajaccio, c’est une muraille de hautes montagnes, d’arabesques violentes de granit, dominée par des neiges, on dirait éternelles ; la silhouette de la Corse, ainsi apparue dans le soleil levant, est hautaine et sombre : c’est comme la proue immobile et géante d’un monumental vaisseau de granit : mais, au-dessus des premiers contreforts, les cimes du Monte d’Oro et de l’Incudine resplendissent, éblouissantes ”
