Pr. Mérimée

Résumé

Pr. Mérimée Revue des Deux Mondes

Tout d’un coup, on entendit le galop d’un cheval. — Ah ! cette fois, c’est mon frère, dit Colomba en se levant. Mais à la vue de Chilina, montée à califourchon sur le cheval d’Orso : Mon frère est mort ! s’écria-t-elle d’une voix déchirante.
Le colonel laissa tomber son verre, miss Nevil poussa un cri, tous coururent à la porte de la maison. Avant que Chilina pût sauter à bas de sa monture, elle était enlevée comme une plume par Colomba qui la serrait à l’étouffer. L’enfant comprit son terrible regard, et sa première parole fut celle du chœur d’Otello : Il vit !
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Pr. Mérimée Revue des Deux Mondes

Miss Lydia, dans chacun, croyait voir un bandit, ou bien un fils allant venger la mort de son père ; mais Orso assurait que c’était quelque paisible habitant du bourg voisin voyageant pour ses affaires ; qu’il portait un fusil moins par nécessité que par galanterie, par mode, de même qu’un dandy ne sort qu’avec une canne élégante. Bien qu’un fusil soit une arme moins noble et moins poétique qu’un stylet, miss Lydia trouvait que, pour un homme, cela était plus galant qu’une canne, et elle se rappelait que tous les héros de lord Byron meurent d’une balle et non d’un classique poignard.
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Par la même occasion, vous pourriez dire à M. Barricini ce que vous venez de me dire, et tout serait fini.
— Jamais Orso della Rebbia n’entrera chez un Barricini, s’écria Colomba avec impétuosité.
— Mademoiselle est le tintinajo [20] de la famille à ce qu’il paraît, dit le préfet d’un air de raillerie.
— Monsieur, dit Colomba d’une voix ferme, on vous trompe. Vous ne connaissez pas l’avocat. C’est le plus rusé, le plus fourbe des hommes. Je vous en conjure, ne faites pas faire à Orso une action qui le couvrirait de honte.
— Colomba ! s’écria Orso, la passion te fait déraisonner.
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