“ Miss Lydia, dans chacun croyait voir un bandit, ou bien un fils allant venger la mort de son père, mais Orso assurait que c’était quelque paisible habitant du bourg voisin voyageant pour ses affaires ; qu’il portait un fusil moins par nécessité que par galanterie, par mode, de même qu’un dandy ne sort qu’avec une canne élégante. Bien qu’un fusil soit une arme moins noble et moins poétique qu’un stylet, miss Lydia trouvait que, pour un homme, cela était plus élégant qu’une canne, et elle se rappelait que tous les héros de lord Byron meurent d’une balle et non d’un classique poignard. ”
Prosper Mérimée
Résumé
"Colomba," nouvelle de Prosper Mérimée publiée en 1840, explore la vendetta, un code d’honneur sanglant des familles corses. Inspirée par un conflit réel entre deux familles de Fozzano, l’œuvre suit Colomba, une femme résolue à venger la mort de son père, et son frère Orso, contraint par les traditions de la tuer.
Mérimée, inspecteur des monuments historiques, immortalise les pratiques archaïques de la Corse, où la vengeance constitue un devoir familial. La nouvelle, publiée dans la Revue des Deux Mondes, mêle réalisme ethnographique et tension dramatique, illustrant les conflits entre devoir et conscience.
Citations de Colomba (Prosper Mérimée)
“ D’abord, cousine, comme je ne puis pas vous donner des coups d’épée si vous m’appelez marquis, je vous embrasse. La comtesse. Quel corrupteur que ce Bonaparte ! Un jeune homme d’une si noble famille devenir le séide d’un Corse ! — Ainsi vous êtes enthousiaste de votre empereur ? C’est votre idole, votre dieu ; il est tout pour vous ; vous l’adorez. Édouard. Ma foi, si je l’adore, je ne l’adore guère : mon colonel lui a demandé la croix pour moi, il a répondu, en me toisant comme un cheval de remonte : — Il est trop jeune. — Il n’est pas tendre, allez, le bourgeois. ”
“ « Quel don Juan ! » s’écria Jules. — « Cassons-nous les jambes, messieurs, » dit le colonel Beaujeu, « puisque nous avons le malheur de n’être pas nés bossus. » — « Je suis tout à fait de l’avis de Saint-Clair, » dit Hector Roquantin, qui n’avait pas plus de trois pieds et demi de haut ; « on voit tous les jours les plus belles femmes et les plus à la mode se rendre à des gens dont vous autres beaux garçons vous ne vous méfieriez jamais... » — « Hector, levez-vous, je vous en prie, et sonnez pour qu’on nous apporte du vin, » dit Thémines de l’air du monde le plus naturel. ”
