Une course : souvenirs d'Espagne (1888)
“ L'agile garçon, serré de près, a fait un bond par-dessus la barrière, et la corne du fauve heurte le bois avec un bruit sec. Mais, en se retournant, il a aperçu l'autre cheval. Le picador l'attend, sa pique en arrêt. Un moment l'énorme bête se ravise. Elle regarde cet aiguillon avec curiosité et défiance. Elle secoue ses épaules ; elle ressent encore la cuisante piqûre du premier adversaire, et il lui fait peine d'en affronter une autre. Mais le picador a éperonné sa monture, qui fait seulement deux pas. Le taureau croit à une provocation. En un clin d'œil, il a franchi la distance. ”
