Résumé

Portrait de John Lemoinne John Lemoinne Quelques Jours en Espagne

Le peuple n’y vient pas, et sans la vile multitude il n’y a pas de fête publique. La vraie fête de l’Espagne, c’est le combat de taureaux.
Il fait un soleil de 50 à 60 degrés ; la rue d’Alcala, la plus longue et la plus large de Madrid, est inondée d’une mer de flammes dans laquelle se noient ses deux pauvres rangées d’acacias. Ses pavés étincellent comme s’ils étaient d’acier poli, et brûlent les yeux qui osent les affronter ; mais si pour voiries taureaux il fallait prendre sa place sur un bûcher allumé, les Espagnols n’hésiteraient pas.
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Les chulos s’approchent de lui et agitent leurs capes devant ses yeux ; quand le taureau va se jeter sur eux, ils fuient devant lui en décrivant des courbes, puis ils arrivent ainsi jusqu’à la barrière. Ils posent le pied sur la marche et sautent de l’autre côté, pendant que le taureau, qui allait les toucher, donne des coups de corne furieux dans les capes et dans les planches. Rien n’égale l’élégance, la merveilleuse agilité de ces coureurs ; au moment où on les croit atteints, un simple demi-tour les met à l’abri.
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Dans ses bonds tumultueux, le taureau rejette l’épée et la fait voler en l’air. D’autres fois la lame acérée et bien trempée continue de s’enfoncer elle-même par son seul poids et par les mouvemens du taureau, et disparaît jusqu’à la garde ; alors on en apporte une autre. Il faut que les taureaux aient une force prodigieuse pour pouvoir courir et combattre avec de pareilles blessures, et certainement ils ont un courage égal à leur force. J’en ai vu, après un premier coup d’épée, bondir encore par-dessus la barrière.
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