Résumé

Une course : souvenirs d'Espagne (1888)

Le taureau est beau, lui ; il est magnifique dans toute la manifestation de sa force brutale.
Il a des muscles de fer. Mais il l'est autant dans la ganaderia que dans l'arène. Ce n'est pas la course qui vous le montre beau, oh ! non ; à peine avez-vous le temps de le considérer: il n'a pas un instant de repos. Tenez, il a plongé la tête jusqu'au cou dans le ventre d'un soi-disant cheval; et ce ventre s'est ouvert comme un sac ignoble : tout en sort avec des flots de sang, tout ce que peut contenir un ventre de bête.
Source : Gallica

Une course : souvenirs d'Espagne (1888)

L'agile garçon, serré de près, a fait un bond par-dessus la barrière, et la corne du fauve heurte le bois avec un bruit sec.
Mais, en se retournant, il a aperçu l'autre cheval. Le picador l'attend, sa pique en arrêt.
Un moment l'énorme bête se ravise. Elle regarde cet aiguillon avec curiosité et défiance. Elle secoue ses épaules ; elle ressent encore la cuisante piqûre du premier adversaire, et il lui fait peine d'en affronter une autre. Mais le picador a éperonné sa monture, qui fait seulement deux pas. Le taureau croit à une provocation. En un clin d'œil, il a franchi la distance.
Source : Gallica

Une course : souvenirs d'Espagne (1888)

Le mouchoir flotte encore. Les cuivres résonnent et annoncent la mort du taureau. La bête écoute cette harmonie funèbre et ne s'en émeut pas; les dards fleuris pendent à son cou sans qu'il s'en inquiète. Il tient le regard fixé sur le fond du cirque.
Là, un homme, le plus brillant de tous ceux qui sont venus à cet assaut, la face tournée vers le président, l'épée d'une main, la montera ou coiffure de l'autre, sollicite l'honneur de tuer le taureau, qui n'aurait qu'un hond à faire pour exterminer son insolent provocateur, et qui ne
bouge pas.
Source : Gallica

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