MM. Gustave Doré et Ch. Davillier

Résumé

MM. Gustave Doré et Ch. Davillier Le Tour du monde

Disons aussi quelques mots de l’histoire des dévastations qu’eut à subir le célèbre palais-forteresse des rois de Grenade ; lamentable histoire, car il semble que, dès la conquête, les vainqueurs se soient plu à détruire en quelques années les chefs-d’œuvre accumulés pendant près de trois siècles par la patience et le génie des Mores, dans le plus merveilleux séjour que l’imagination puisse rêver. L’Alhambra, malgré son apparence légère et gracieuse, était une construction solide jusque dans ses plus petits détails, et a bien moins souffert du temps que de la main des hommes.
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MM. Gustave Doré et Ch. Davillier Le Tour du monde

Seulement, l’art de la tauromachie changea complétement de face : autrefois la noblesse seule figurait activement dans ces fêtes, et il suffisait, pour combattre le taureau, d’un cheval et d’une lance ; vers la fin du siècle dernier on commença à voir les picadores, puis les adroits banderilleros, les agiles chulos, et enfin l’espada, qui combattit le taureau à pied, face à face, sans autres moyens que son épée et sa muleta, petit morceau d’étoffe rouge qu’on appela aussi l’engaño, c’est-à-dire le leurre, la tromperie, parce qu’il est destiné à tromper l’attention du taureau.
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MM. Gustave Doré et Ch. Davillier Le Tour du monde

La fête commença par la course de taureaux ; les Abencerrages et les Zégris, jaloux de se surpasser, les combattaient avec un courage si téméraire que chacun en était effrayé : l’alcayde Alabez attira un taureau devant le balcon ou se tenait sa dame, la belle Cohayda, et appelant son page : « qu’on m’apporte, dit-il, la toque couleur d’azur que m’a brodée de ses mains la belle Cohayda, fille de Llegas Hamete ; si elle jette les yeux sur moi, aucun malheur ne s’aurait m’arriver. »
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