Résumé

Lettres d'Espagne (1929)

Le palais de Charles-Quint m'irrite encore plus qu'il ne m'attriste ; il est l'image de ces êtres qui font tout mal à propos ; ils viennent mal à propos au monde : ils ont mal à propos de l'esprit, du savoir, de la beauté ; ils n'achèvent rien, ils n'aboutissent à rien. Ce palais est superbe et ce qu'il y a de meilleur en Espagne comme style ; son immense patio est orné de trente-deux colonnes de marbre ; ses façades, ses bas-reliefs, ses frises vous donnent une vive admiration. Mais pour le bâtir, on a démoli une partie de l'Alhambra !
Source : Gallica

Lettres d'Espagne (1929)

Le soleil se joue dans les colonnes et dans les broderies à jour du marbre des galeries, l'air m'enivre des parfums de l'oranger. Je vois les rois maures rendant là-bas, sous cette arcade poétique la justice à leurs sujets ; je vois leurs brillants costumes et leurs chevaux caparaçonnés magnifiquement ; je vois les sultanes, et les apprêts d'un tournois. J'entends leurs poètes chanter Allah, et le brave Soliman, et la belle mais trop sensible Fatma ! Je vois Ferdinand et Isabelle, et la fleur de la chevalerie répandue dans la Véga, et en vérité,
je vois madame Waudru qui raccommode des bas.
Source : Gallica

Lettres d'Espagne (1929)

La cathédrale est bâtie dans le palais
de ce vaincu. Le marché, qui a des arcades charmantes, me paraît être un ancien alcazar. On voit à l'horizon une ruine fantastique et sombre, digne château d'un Othello. Ces lieux respirent vraiment la passion et la terreur. La gaieté, qui n'est pas habituelle aux Espagnols, me surprend surtout à Ronda, mais tout est contraste dans ce nuage. Les montagnes sont escarpées, les précipices pleins d'effroi, les aspects sévères, accablants, sublimes, mais partout l'air est embaumé ; il y a des roses partout, de la musique partout, des sourires partout.
Source : Gallica

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