Théophile Gautier,
Loin de Paris
“ Montès, le grand Montès, que cette solennelle occasion avait appelé dans l’arène, bien qu’il soit riche et marié et retiré du cirque, fit avec ce taureau ce manége de cape où nul torero ne l’a surpassé. Il faut voir l’aisance suprême de Montès, agitant son manteau sur le mufle de la bête furieuse, lui entourant les cornes comme d’un turban, et faisant tourbillonner de mille manières les plis éclatants du taffetas ; puis, lorsque le monstre exaspéré se précipite sur lui, se drapant de la façon la plus majestueuse et l’évitant par un imperceptible mouvement de corps. ”
