Jean Aicard

Jean Aicard

Résumé

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Maurin des Maures

Quand la procession arriva sur ce plateau où, au bord du chemin, il y a un grand précipice tout en rochers, le mistral qui soufflait en tempête, par la permission de Dieu juste, enleva le chapeau de cet âne de clion! Le clion voulut retenir son chapeau, sauta, la main tendue pour le rattraper en l’air, perdit pied, et, soulevé par la bourrasque comme une plume, il descendit dans l’abîme à la suite de son chapeau... Dieu ait son âme! Et les gens tout de suite s’écrièrent:
«—Té! l’âne a volé! Le bon Dieu l’a puni! L’avez-vous vu voler, cet âne?»
—Je regrette mes quatre sous, fit Maurin.
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Maurin des Maures

« — Adieu, Latrinque ! fit Magaud.
« — Adieu, Magaud ! » fit Latrinque.
« La charrette s’éloigna, nous cachant le petit âne et le cheval. Nous apercevions encore leurs jambes, par-dessous la charrette peinte en bleu, poudrée à blanc sur laquelle trônait Latrinque, sa pipe neuve aux dents, le regard flottant sur les vignes de tout le monde, dont il calculait le rapport.
— J’en connais, de ceux-là, interrompit Maurin, et plus d’un !
— Magaud jeta sa pioche sous l’ombre légère d’un olivier, avec un soupir de soulagement : « Ah ! fit-il, je vais maintenant dire deux mots à mon fiasque ! »
Source : Wikisource

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Maurin des Maures

Oh! dit Maurin, je mépriserais la nature, alors. Ou si c’était parce qu’elle est amoureuse de moi; c’est moi, alors, que je mépriserais!
—Ce que tu veux dire par ce mot de «mépriser» je ne le sais pas, dit-elle. Mais je sais bien qu’un homme comme toi, lorsqu’il peut retrouver une fille aussi souvent qu’il le veut, fait d’elle ensuite comme d’une orange pressée qu’on jette quand on en a bu le meilleur. N’appelle pas ça mépris. C’est, pas moins, l’abandon. Adieu. Tu sais mon dernier mot et que je suis Corsoise.
Source : Gutenberg

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