Résumé

Charles-Michel de L’Épée L’Art d’enseigner à parler aux sourds-muets de naissance

Ses succès prouvèrent au monde qu’il n’est point de miracles que ne puisse opérer la charité jointe au génie. Cet homme, digne par ses talens de tous nos hommages, digne presque d’un culte par ses vertus, dont la mémoire sera toujours en vénération aux amis de l’humanité... déjà vous l’avez reconnu ; vous avez nommé M. l’abbé de l’Épée. Pour retracer sa gloire, il n’est pas besoin d’une brillante éloquence ; son plus bel éloge sera l’exposé le plus naïf de sa vie, dont tout le cours fut la continuité d’une bonne action.
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Charles-Michel de L’Épée L’Art d’enseigner à parler aux sourds-muets de naissance

C’est déjà la langue universelle pour les sourds-muets ; de quelque pays éloigné qu’ils soient, ils se comprennent tous entr’eux : c’est un fait qui n’a plus besoin de preuves. Elle n’existe point pour ces enfans de la nature, la distance que la diversité des langues a mise entre les autres hommes. Comment donc a-t-on jamais pu songer à faire abandonner aux sourds-muets ce langage dont ils sentent si bien toutes les beautés, pour les contraindre à suivre péniblement, sur les mouvemens fugitifs des lèvres, des sons qui ne leur représentent rien ?
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Charles-Michel de L’Épée L’Art d’enseigner à parler aux sourds-muets de naissance

Brisez ce lien qui attache l’homme à l’homme, et sa vie n’est plus un présent du ciel ; c’est un fardeau dont toutes ses forces pourront à peine soutenir le poids. Sans souvenir, comme sans espérance, son existence, qui ne se rattache ni au passé ni à l’avenir, s’arrête pour ainsi dire au besoin du moment, et ne se fait plus sentir que par l’ennui ou la douleur.
Tel et plus déplorable encore était l’état des sourds-muets, avant que la charité, fille du ciel, eût renversé la barrière que la privation d’un sens avait élevée entre ces malheureux et le reste des hommes.
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