Langue des signes

Définition et enjeux

Charles-Michel de L’Épée L’Art d’enseigner à parler aux sourds-muets de naissance

Les idées abstraites comme celles que nous avons formées par le secours des sens, tout est du ressort de la langue des signes. Pour créer une langue qui paraît à un si haut degré de perfection, il a fallu la réflexion la plus profonde, le jugement le plus sain, l’imagination la plus vive unie à la connaissance la plus parfaite de la grammaire. Il était réservé à un génie aussi vaste que le sien d’inventer une langue de signes qui peut suppléer à l’usage de la parole, être prompte dans son exécution, claire dans ses principes, sans trop de difficultés dans ses opérations.
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Portrait de Louis-Sébastien Mercier Louis-Sébastien Mercier Néologie, ou Vocabulaire de mots nouveaux

Si la langue des signes a une si grande latitude dans toute l’expression physique du corps, comment osez-vous resserrer le signe écrit, et l’atténuer, lorsque j’en ai le plus grand besoin ? Assurons à nos écrivains la liberté d’enchaîner tout à-la-fois et des expressions toutes nouvelles, et des inversions hardies ; nous en verrons naître un coloris plus animé, une plus grande harmonie. Ne se plairait-on que dans le travail et la gêne ? La difficulté vaincue sera-t-elle le premier mérite ?
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Pierre Desloges Observations d'un sourd et muèt sur un cours élémentaire d'éducation des sourds et muèts publié en 1779 par M. l'Abbé Deshamps…

Nos langues sont donc, si l'on peut parler ainsi, plus loin des objèts que la langue des signes: elles ne peuvent nous représenter les choses qu'à travers un voile qu'il faut toujours percer, pour ariver à l'intelligence de la chose exprimée par le mot.
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