“ Pour moi, convaincu que les arts sont des grâces des Dieux, mais que les hommes sont des œuvres de la nature, vous ne vous courroucerez pas, à Abdéritains, si j’imagine que c’est non pas vous mais la nature qui m’appelle pour sauver son ouvrage en danger de périr par la maladie. Aussi, obéissant moins à vous qu’à la nature et aux Dieux, j’ai hâte de guérir Démocrite malade, si tant est que ce soit maladie et non une illusion qui vous égare, ce que je désire, et ce qui serait, puisqu’il aurait suffi d’un soupçon pour vous troubler, un plus grand témoignage de votre affection. ”
Hippocrate
Élements biographiques
Hippocrate, médecin grec du Ve siècle av. J.-C., figure emblématique de la médecine antique, est considéré comme le « père de la médecine » pour avoir formalisé cette discipline en la distinguant des pratiques théurgiques et philosophiques.
Son œuvre, le Corpus hippocratique, basée sur l'observation clinique et la prévision, établit des principes éthiques universels, notamment le Serment d'Hippocrate. Auteur de textes majeurs comme Des Lieux dans l’homme ou Le Pronostic, il révolutionna l'approche médicale en mettant l'accent sur la nature, l'environnement et la raison, marquant ainsi un tournant dans l'histoire de la science médicale.
Citations de Hippocrate
Hippocrate,
Oeuvres choisies d'Hippocrate,…
(1855)
“ A la vérité, il est invisible pour l'œil, mais il est visible à la raison ; car, sans lui, quel effet se produirait? D'où est-il absent, ou dans quoi n'est-il pas présent? Tout l'espace qui sépare la terre du ciel est rempli de pneuma. Il est la cause de l'hiver et de l'été : il est en hiver dense et froid, en été doux et tranquille. La marche même du soleil, de la lune et des astres, est produite par le pneuma ; car il est l'aliment du feu, et le feu ne saurait vivre privé du pneuma, de telle sorte, que la course éternelle du soleil résulte de l'air, qui est léger et lui aussi éternel. ”
Hippocrate,
Œuvres complètes d’Hippocrate
“ Ainsi la prognose est la source de toutes les véritables lumières pour l’ancien médecin ; elle est, à cette époque, la philosophie de la science, sans elle il n’y a rien qu’empirisme et pratique aveugle. Effacez la prognose telle que l’école de Cos l’a conçue et établie, effacez-la, dis-je, à une époque où l’anatomie a fait si peu de progrès, où l’étude des fonctions est dans l’enfance, où l’anatomie pathologique n’existe pas, où le diagnostic différentiel est privé de ses éléments les plus précieux, quelles lumières restera-t-il à la médecine ? ”
