Résumé

Pierre-Marie Le Mesl Considérations philosophiques sur la langue française… (1834)

Un nom, quels qu'en soient les élémens, est toujours l'image sonore ou visible d'une idée représentant un objet sensible ou un être de raison. Peu importe les voix qui le forment, seraient-elles des interjections, ou des onomatopées, elles deviennent la représentation d'un être, d'une substance. Ainsi, qu'un nom composé soit formé de substantifs, d'adjectifs, de prépositions, de verbes ou d'adverbes, cela est parfaitement indifférent ; car tous les mots partiels qui entrent en composition, dépouillent leurs natures propres pour revêtir en commun le caractère de substantif.
Source : Gallica

Pierre-Marie Le Mesl Considérations philosophiques sur la langue française… (1834)

Horreur, s. f. dérivé du latin horror, qui est composé des deux mots grecs, avoir, peur. Ce mot abstrait est l'équivalent de cette longue phrase : mouvement de l'ame avec frémissement causé par quelque chose d'affreux.
Le seul objet d'une langue est de manifester la pensée, de reproduire à l'extérieur les effets d'une cause occulte : or, cette émanation divine et mystérieuse franchit dans un instant un espace considérable, embrasse simultanément les êtres et leurs rapports.
Source : Gallica

Pierre-Marie Le Mesl Considérations philosophiques sur la langue française… (1834)

Nous devons donc borner nos efforts à perfectionner notre langue sans l'altérer ni la détériorer, à coordonner et à utiliser les élémens qui existent, à combler les lacunes et à généraliser les règles; mais on ne peut effectuer ces améliorations importantes qu'en remontant aux principes du langage.
Les mots, ou voix articulées, sont les images sonores de nos idées, et les mots écrits sont les images visibles des voix et des idées. C'est un principe incontestable qu'une image quelconque doit ressembler à l'être qu'elle représente, autant que la nature des moyens imitatifs le permet.
Source : Gallica

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