Résumé

Portrait de Rodolphe Töpffer Rodolphe Töpffer Premiers voyages en zigzag, ou Excursions d'un pensionnat en vacances dans les cantons suisses et sur le revers italien des Alpes… (1860)

Au bout de quelques jours de cette vie, Murray se type; il est hâlé, bruni, renforcé, marcheur, tour du monde, particulier chef et indépendant; chargé de son havre-sac et appuyé sur son bâton à nœuds, on dirait une figurine d'Auvergnat propriétaire qui part pour aller vendre ses bois. Dès qu'on fait halte, Murray est sur pied, court aux parpaillons, ou ricoche dans les flaques, ou sautille en inquiétant les gisants. Son seul mal, c'est un sommeil incommensurable qui le prend dès qu'on est arrivé à l'auberge; alors Murray lutte, nage entre la veille et le sommeil, entre la soupe et le lit.
Source : Gallica

Portrait de Rodolphe Töpffer Rodolphe Töpffer Premiers voyages en zigzag, ou Excursions d'un pensionnat en vacances dans les cantons suisses et sur le revers italien des Alpes… (1860)

Voir lever le soleil, c'est un goût que tout le monde n'a pas; plusieurs préfèrent que le soleil les voie lever. Le spectacle a beau être magnifique, au sortir du lit on en jouit mal : l'âme dort encore, elle se laisse faire sans s'en mêler; et quand, réveillée à la fin par les splendeurs de l'aube, elle serait disposée à en jouir, déjà elles se sont noyées dans la blafarde lumière du matin.
Bien mieux vaut le soir, quand, sur le point de disparaître, le soleil dore les monts, enflamme les nuées, scintille dans la rivière, et fuit insensiblement devant le char étoilé de la nuit.
Source : Gallica

Portrait de Rodolphe Töpffer Rodolphe Töpffer Premiers voyages en zigzag, ou Excursions d'un pensionnat en vacances dans les cantons suisses et sur le revers italien des Alpes… (1860)

Le ciel s'est chargé de lourdes nuées; des gouttes égarées tachètent ci et là les blocs épars, et le vent, exclu des hauteurs, s'est rabattu sur cette vallée de pierres, où il trouve à peine quelques herbes à ployer. C'est là, à notre avis, un très-beau temps pour achever la montée du Grimsel. Tant de tristesse et de solitude autour de soi provoque une sorte d'émotion. Cet hospice vers lequel on tend se peint au cœur comme un bienfaisant refuge. L'on se réjouit, une fois abrité, d'y entendre la tempête se déchaîner sur ces déserts, et frapper de tonnerres redoublés ces cimes chauves.
Source : Gallica

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