Étienne-François Bazot

Résumé

Étienne-François Bazot Éloge historique de l'abbé de l'Épée… (1819)

J'ai eu pour élève, à l'Institution, il y a environ six ans, un jeune sourd-muet de Paris, d'une conformation singulière : il existe encore. Sa tête ressemble à celle d'un singe ; il à les mâchoires saillantes ; mais, ce qui surprend davantage, c'est que cette tête d'homme ne présente qu'un visage sans physionomie. L'agréable sourire de la bonhomie, le rire plaisant ou niais ne s'y montrent jamais, non plus que la tristesse, la peine ni les pleurs. Est-il affecté, vivement ému, ce ne sont point des larmes qui coulent de ses yeux : c'est de l'eau qui tombe.
Source : Gallica

Étienne-François Bazot Éloge historique de l'abbé de l'Épée… (1819)

C'est ce cri de la nature, ces accens de l'âme , ces inflexions de voix que la musique s'efforce d'imiter ; c'est ce qui en fait un art puissant qui nous transporte.
Ce qui tient lieu aux sourds-muets de ces accens ,. de ces inflexions de voix pour l'expression des mouvemens de l'âme, c'est cette physionomie si mobile , si parlante chez eux. Aussi, entret-elle dans les arts d'imitation, ainsi que la mélodie. La physionomie est à la pantomime ce que la mélodie est à la musique, ce que le dessin est à la peinture.
Source : Gallica

Étienne-François Bazot Éloge historique de l'abbé de l'Épée… (1819)

L'objet naturel, le dessin, le signe, la parole, l'écriture, et enfin l'alphabet manuel, qui n'a plus du tout d'analogie, non plus que l'écriture, avec l'objet nommé ; il est tout-à-fait arbitraire : c'est une sorte d'écriture ou de parole aussitôt anéantie que formée ; elle se lit dans les yeux, ou presque mentalement, et de même que l'on dessine les objets pour en fixer l'image dans l'esprit et donner de la valeur aux mots, de même on fait prendre à la main la forme des lettres.
Source : Gallica

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