Résumé

Marius Magnat Cours d'articulation, enseignement de la parole articulée aux sourds-muets… (1874)

M. Krüse, sourd-muet, directeur de l'institution des sourds-muets à Leipzig, nous dit : « Et
quel est donc le défaut du langage articulé pour qu'on veuille l'exclure de l'enseignement des sourds-muets ? Qu'on n'objecte pas que des sourds-muets ne parlent rien moins qu'harmonieusement ou de manière à être compris de tout le monde. Le profit que la parole rapporte est purement spirituel et consiste en ce qu'au moyen de l'articulation le sourd-muet vient en possession du plus grand bien de l'humanité, savoir : la langue. »
Source : Gallica

Marius Magnat Cours d'articulation, enseignement de la parole articulée aux sourds-muets… (1874)

Ce n'est pas en apprenant à écrire ni à lire aux entendants-parlants qu'on les a initiés à la pensée.
L'écriture et la lecture n'ont d'autre mission en eux que de leur procurer les moyens de la fixer et de la développer. Ce n'est pas l'écriture ni la lecture qui produisent la pensée chez le sourd-muet ; elles ne sont pour lui qu'un instrument nouveau pour l'introduire dans le domaine d'une langue qui lui est étrangère et dont il apprendra les mots et les expressions en prenant pour base sa langue maternelle.
Source : Gallica

Marius Magnat Cours d'articulation, enseignement de la parole articulée aux sourds-muets… (1874)

Il n'est pas nécessaire de prouver que l'enseignement d'un tel professeur pèche par la base, ni que la méthode d'articulation ne saurait être atteinte par les mauvais résultats qu'il en a obtenus. Qui veut la fin veut les moyens. Pour nous entendants, ce ne sont pas les mouvements des organes vocaux qui nous importent, c'est la parole articulée que nous désirons ouïr et comprendre. Pour que l'articulation d'un sourd-muet soit bonne et compréhensible, elle doit nécessairement être enseignée par un professeur capable, jouissant du sens de l'ouïe.
Source : Gallica

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