Résumé

Édouard Copper-Royer L'art et la loi : traité des questions juridiques se référant aux artistes et aux amateurs… (1903)

J'ai chez moi un tableau de famille, qui n'est, bien certainement, ni de Largillière, ni de Hyacinthe Rigaud, dont l'auteur, même, est inconnu, mais auquel j'attache un intérêt tout particulier tant à cause d'un souvenir d'affection qu'à cause du caractère unique de cette œuvre par rapport à moi et à ma famille. Or, la rareté d'une chose est sans conteste un des éléments de sa valeur. Il n'importe pas que tel objet ne soit pas rare par rapport à l'ensemble des amateurs, s'il est rare par rapport à moi, son possesseur, et ce pour des raisons de famille ou d'affection.
Source : Gallica

Édouard Copper-Royer L'art et la loi : traité des questions juridiques se référant aux artistes et aux amateurs… (1903)

Il s'agit d'un artiste qui transmet à un amateur, contre un prix débattu et convenu, les droits qu'il tient tant du code civil que de la loi de 1793 sur une œuvre par lui produite. Quel contrat cela est-il, sinon une vente ? Et qu'importe le fait que l'amateur achète l'œuvre après sa production, ou au contraire avant qu'elle ne soit ni conçue ni exécutée, et que ce soit lui qui suggère au peintre ou au sculpteur le sujet même de l'œuvre future dont il promet par avance de se rendre l'acquéreur? La vente, contrat consensuel, peut certainement porter sur des objets futurs et encore inexistants.
Source : Gallica

Édouard Copper-Royer L'art et la loi : traité des questions juridiques se référant aux artistes et aux amateurs… (1903)

Passer sous silence ce qui est, est très différent : je ne suis pas, moi vendeur, tenu de faire l'éducation de l'acheteur ; je ne suis pas tenu, par exemple, de lui apprendre que tel tableau de maître que je lui propose d'acheter a été l'objet de violentes critiques, qu'il a déjà passé en vente publique et qu'il a fait un prix dérisoire, et caetera. Toutes ces distinctions vont de soi et ont à peine besoin d'être mentionnées ; le commerce est le commerce, et il ne faut pas exiger d'un vendeur et d'un acheteur de nos temps modernes la loyauté surhumaine des héros d'un roman de chevalerie.
Source : Gallica

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