Résumé

Paul Berthier La protection légale du compositeur de musique (1936)

Quelle est la nature du droit d'auteur ? Commune à tous les arts, elle se pose avec plus d'acuité et d'incertitude pour la musique, parce que son support matériel est plus inexistant. La poésie serait à peu près dans le même cas, mais le papier qui la porte contient moins de sons disparates, de rythmes entremêlés que le volume d'une partition musicale ; en sorte que, lisible par tous, il est employé par le lecteur lui-même : le papier est vraiment le « support matériel » de la poésie, et c'est pourquoi elle aime les belles éditions.
Source : Gallica

Paul Berthier La protection légale du compositeur de musique (1936)

Les artistes exécutants, dit M. Robert nE LEUSSE, « ne sont pas des intermédiaires ordinaires, mais des créateurs; ils communiquent les oeuvres d'autrui non par le moyen d'un procédé, mais par le moyen de leur personne elle-même ».
Or le disque ne publie pas l'œuvre en elle-même comme fait le papier; il publie réellement une interprétation : c'est si vrai que certains disques donnent une déformation soit du mouvement, soit de l'intensité sonore, soit de l'équilibre des sons voulus par l'auteur et que l'œuvre n'y est plus connaissable dans son essence et sa pureté.
Source : Gallica

Paul Berthier La protection légale du compositeur de musique (1936)

EDITION.
S'il est un objet de cession qui se prête mal à une aliénation à forfait, c'est certes la matière musicale, puisque son rendement (si l'on peut dire) est soumis aux caprices imprévisibles du public. Pourquoi certains ouvrages longtemps méconnus, comme ceux de Franck, ont-ils joui tout à coup d'une gloire mondiale ? pourquoi tels opéras de Gounod ou Massenet sont-ils parmi les plus joués, et les autres tombés d'une chute verticale ? Nul ne le saurait par avance. Et cependant c'est l'usage de céder la musique à forfait.
Source : Gallica

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