Résumé

Liane Lehman Le droit de l'artiste sur son interprétation (1935)

Les droits de l'artiste doivent donc être protégés, au même titre que ceux du compositeur ou de l'écrivain.
Le cinéma réalise dans le domaine de la vision, à peu près le même phénomène. Il fixe l'image et le mouvement et les détache de l'interprète. Le film devient, comme le disque, une réalité distincte, vivant sa vie propre et indépendante de son auteur. Si au théâtre, le geste s'évanouit dès qu'il a été accompli, le cinéma au contraire conserve à jamais une attitude un instant esquissée. Il détache l'effet de la cause et l'interprétation de l'interprète.
Source : Gallica

Liane Lehman Le droit de l'artiste sur son interprétation (1935)

Alors que pour réaliser son œuvre, le peintre a ses couleurs, une toile et ses pinceaux ; le sculpteur la terre, l'ébauchoir, les ciseaux ; le poète les mots et la lyre ; l'instrument du comédien, disait Coquelin, c'est lui-même. La matière de son art, ce qu'il pétrit pour en tirer sa création, c'est sa propre figure, c'est son corps, c'est sa vie. Pour réaliser une image, un portrait de l'homme, c'est sur lui qu'il opère.
Source : Gallica

Liane Lehman Le droit de l'artiste sur son interprétation (1935)

L'interprétation apparaît donc bien comme une personnalité qui s'exprime et qui crée en s'expriinant.
De là naît toute la différence qui sépare deux représentations d'une même œuvre, interprétée par des artistes différents. Phèdre, selon la personnalité de l'interprète, sera plus chrétienne ou plus païenne, plus passionnément humaine ou plus cruellement tourmentée, mais Phèdre ne vivra jamais tant qu'un être humain ne lui donnera pas toute sa vie pour vivre de sa souffrance.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature