Résumé

Victor Giraud  La Genèse du Génie du Christianisme

L’amour ainsi conçu et ainsi pratiqué, c’est plus que de la poésie : c’est déjà de la religion.
Et la religion, cette forme supérieure de l’idéalisme, est aussi l’un des élémens du génie breton. Le Breton est naturellement religieux ; tout l’y incline : son goût du mystère, sa passion de l’infini, sa curiosité de l’au-delà, sa tristesse, et « l’invincible attrait » qu’il a pour les choses de la mort, son désir d’immortalité, le tour de son imagination et ses facultés poétiques, son besoin d’aimer enfin, et d’aimer d’un amour éternel.
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Ce n’est pas seulement au « désir prolongé et toujours renouvelé d’une Eve terrestre » qu’il faut ramener, comme l’a fait malicieusement Sainte-Beuve, « cette flamme profane et trop chère » que, de tout temps, nous voyons briller en lui ; l’amitié et l’amour, la gloire littéraire et la célébrité politique, l’art et la nature, la poésie et la religion, Chateaubriand a tout, — sauf l’argent, — également poursuivi de « l’ardeur de son désir. »
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Et le matin, aux bords de l’étang rêveur, ou vers le soir, quand le crépuscule descend lentement sur la terre, c’est comme un voile de mélancolie qui se répand doucement sur les choses ; « les grandes voix de l’automne sortent des marais et des bois : » elles parlent à l’âme solitaire, elles lui tiennent le langage troublant et triste qu’elles tenaient déjà, il y a plus d’un siècle, au glorieux adolescent de Combourg.
« O Bretagne, ô très beau pays ! Bois au milieu, mer alentour ! »
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