Résumé

Paul Gautier Revue des Deux Mondes

En d’autres termes, un journal est un acte public, annonçant les événemens publics, pouvant induire les citoyens en erreur, et, comme tel, il doit être placé sous la surveillance immédiate du gouvernement. « Dans un pays bien gouverné, ne réserve-t-on pas à l’autorité publique seule le droit d’afficher sur les murs, le droit de proclamer dans les rues les événemens et les lois ? Cela s’appelle-t-il violer la liberté de la presse ou celle de la parole ? » Donc, Mme de Staël réclame pour l’État le droit de contrôle ; les journaux n’imprimeront, ne publieront que les nouvelles qu’il autorise.
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Mais enfin, tel qu’il est, il représente exactement, non les idées du seul Villers, mais celles de tout un groupe, du parti philosophique et républicain ; c’est à ce titre qu’il nous intéresse. Il en reproduit l’illusion favorite, à savoir qu’il suffit de la signature d’un chef d’État pour changer la religion traditionnelle, l’esprit et les mœurs de tout un peuple, — cette autre illusion encore, qu’on peut mêler impunément la religion à la politique, — et cette autre enfin que la religion à elle seule explique la destinée d’une nation, ses vertus et ses vices.
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« Il est permis, dit-elle, je dirai plus, il est ordonné à une femme de n’avoir pas un cœur plus audacieux qu’un philosophe. » Donc, tout la persuade que la justice est le premier besoin de l’homme : son propre cœur, ceux qu’elle aime, J.-J. Rousseau, l’idole de sa jeunesse, M. Necker l’idole de toute sa vie.
La justice règne-t-elle en France ? — En aucune façon, répond Mme de Staël. De quelque côté que l’on se tourne, partout on voit l’arbitraire et la violence. On n’est plus assuré du respect des lois.
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