Bernard de Lacombe

Résumé

Bernard de Lacombe Revue des Deux Mondes

EN ANGLETERRE (1792-1794) « Que faire ? écrivait mélancoliquement Talleyrand à Mme de Staël le 8 octobre 1793. Que faire ?... Attendre et dormir si l’on peut. C’est à cela que je me destine d’ici au mois de mars. » Talleyrand était fidèle à son programme. Il attendait, menant à Londres une vie discrète ; même, il dormait : il ne dormait, il est vrai, que d’un œil, l’autre entr’ouvert pour surveiller les événemens.
Talleyrand, en cet automne de 1793, était parmi les vaincus de la Révolution, parmi ses proscrits. Son nom figurait sur la terrible liste que faisait dresser la Convention [1]
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Narbonne s’étonna. « Mais, reprit Talleyrand, je vous donne ma parole que ce me serait un plaisir de bien battre tous ces vilains gueux ! — Eh non ! s’écria Narbonne avec un mélange de lassitude et de tristesse ; dites-moi donc le plaisir qu’il y aurait à donner la mort à ces pauvres misérables dont l’ignorance et la bêtise ont été les plus grands crimes. S’il fallait ne faire la guerre que contre Marat, et Danton, et Robespierre, et M. Egalité, et quelques centaines d’autres infâmes scélérats, j’y pourrais peut-être trouver de la satisfaction aussi. » Talleyrand ne répondit pas.
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Pour la France seraient peut-être ses sympathies, pour elle ne seraient pas ses alliances. Le traité Jay [25] , qui réconciliait commercialement la Grande-Bretagne avec sa colonie émancipée et que, en dépit d’une agitation de surface, la grande masse des Américains accepta, lui était la preuve qu’il voyait juste. « L’Amérique est tout anglaise, écrivait-il à lord Lansdowne ; c’est-à-dire que l’Angleterre a encore tout avantage sur la France pour tirer des États-Unis tout le bénéfice qu’une nation peut tirer de l’existence d’une autre nation [26] . »
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