Résumé

Alphonse Bertrand Les États-Unis et la Révolution française

Il est arrivé pour les États-Unis, ce jour où, dépouillé du prestige dont il était environné, Washington n’est plus, pour le petit nombre d’hommes qui pensent, ce héros colossal dont l’Amérique pouvait s’honorer à jamais, mais un misérable que la crédulité superstitieuse avait agrandi comme par un miroir magique ; il n’est plus le sauveur de son pays, mais un ambitieux qui vend un peuple livré par trop de confiance à sa discrétion.
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Alphonse Bertrand Les États-Unis et la Révolution française

En dépit de ces nuages passagers, le sentiment de sympathie et de reconnaissance, qui unissait les deux pays, était, de chaque côté de l’Atlantique, demeuré fort vif. La Révolution de 1789, dans laquelle les citoyens de la libre Amérique s’étaient plu à saluer une révolution sœur de la leur, avait provoqué, à Boston, à New-York, à Philadelphie, dans toutes les villes de l’Union, des transports d’enthousiasme, et Washington avait vu avec joie Lafayette et plusieurs des meilleurs amis des États-Unis prendre en France, à la tête du parti constitutionnel, une situation prépondérante.
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Alphonse Bertrand Les États-Unis et la Révolution française

S’il reçut d’elle un encouragement et une aide, il exécuta avant tout un projet politique, né des désastres de la guerre de Sept-Ans. A l’antique rivalité de la France et de la maison d’Autriche, déchue de son ancienne puissance, avait succédé contre la Grande-Bretagne, alliée de Frédéric II, destructrice de notre flotte, maîtresse de l’Inde, du Canada et de nos plus belles colonies, un antagonisme profond, passionné, qui, s’échauffant au souvenir des luttes d’antan, devait, pendant plus d’un demi-siècle, jusqu’à Waterloo, agiter de son souffle les âmes françaises.
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