Résumé

René Millet L’Europe et l’Amérique en 1778 d’après l’histoire de Bancroft

Quoi qu’il en soit des fautes de l’Angleterre et de son obstination malencontreuse dans une guerre sans issue, M. Bancroft, pénétrant chez elle en 1778, se pose une question toute nouvelle : à qui incombe la responsabilité des événemens? Ne trouvai-je pas des frères dans nos ennemis? Ne peut-on rejeter sur une partie de la nation l’aveuglement, la colère, l’esprit de vengeance, toutes les furies déchaînées, et rencontrer dans l’autre des sympathies toujours vivaces, des sentimens de mansuétude et de paix?
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René Millet L’Europe et l’Amérique en 1778 d’après l’histoire de Bancroft

Quels qu’aient été les inconvéniens d’une doctrine fondée sur des spéculations de cabinet, encore est-il qu’elle occupe une grande place dans l’histoire de la civilisation, et qu’elle devait fournir la première à l’Amérique des sympathies actives. Sans doute, il y avait beaucoup d’illusions dans cette ferveur révolutionnaire qui se forgeait des Américains de fantaisie. Sans doute, l’esprit rationnel qui célébrait les droits de l’homme, était bien différent de ce rare esprit, nourri de faits, d’expérience et de lutte, qui est celui de la société américaine.
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René Millet L’Europe et l’Amérique en 1778 d’après l’histoire de Bancroft

De plus, depuis que les États-Unis ont acheté à beaux deniers l’Amérique russe, les deux nations peuvent s’étendre à l’aise, chacune dans son hémisphère, sans trouver l’autre sur son chemin : autant de causes de rapprochement entre deux puissances dont les origines et les maximes offrent un si parfait contraste. La politique forme ainsi d’étranges amitiés, mais elle abuserait de ses droits, si elle défigurait l’histoire pour témoigner à de nouveaux alliés une sorte de tendresse rétrospective. On peut rechercher l’alliance de la Russie et pourtant condamner en principe le partage de la Pologne
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