Résumé

Eugène Forcade Chronique de la quinzaine - 31 décembre 1861

Le spectacle de la crise des États-Unis ne semble pas fait pour nous rendre plus sages ou mieux assurés dans nos voies de ce côté-ci de l’Atlantique. Manquant à la fois de prudence et d’entrain, nous ne finissons point les questions commencées. Nous ne savons si nous devons nous préparer à de nouvelles luttes militaires, ou si nous devons aborder avec une confiante ardeur les œuvres de la paix. L’esprit de révolution est aussi hésitant, on dirait presque aussi fatigué, que l’esprit de conservation.
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Eugène Forcade Chronique de la quinzaine - 31 décembre 1861

Le legs le plus redoutable de l’année qui expire est la querelle anglo-américaine provoquée par l’affaire du Trent L’issue de ce conflit peut être si grave qu’il est impossible que l’attention ne se détourne point des affaires intérieures de l’Europe pour s’absorber sur les nouvelles d’Amérique jusqu’à ce que les choses aient pris enfin un tour décisif. La menace de ce terrible duel des deux fractions de la race anglo-saxonne tient le monde entier en suspens. Cette année se ferme sans que nous sachions encore si les États-Unis accorderont la réparation qui leur est demandée par l’Angleterre.
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Eugène Forcade Chronique de la quinzaine - 31 décembre 1861

On tomberait, comme dans l’Amérique méridionale, en une anarchie qui n’aurait pour remède que de mobiles dictatures, suscitées et renversées par la violence. Si la guerre civile actuelle se prolonge, ou si la fatalité veut qu’elle soit compliquée d’une guerre étrangère, le nord sera obligé de recourir à l’abolition immédiate et radicale de l’esclavage, à la guerre servile, moyens suprêmes qui ne répareront pas le mal, mais qui consommeront la ruine du sud.
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