M. Cornelis de Witt

Résumé

M. Cornelis de Witt Revue des Deux Mondes

Moins de trois mois après, Dupont de Nemours, dégoûté de l’indifférence avec laquelle la France avait laissé partir les Bourbons et revenir Bonaparte, et fatigué, comme il le disait lui-même, « de passer en un jour d’une main à l’autre comme une courtisane, » arrivait aux États-Unis, où Jefferson l’accueillait par ces affligeantes paroles : « Vous désespérez de votre pays, et moi j’en désespère comme vous ; le despotisme est maintenant fixé sur lui d’une façon permanente. » Tous ceux qui ont désespéré de la France ont toujours fini par avoir tort.
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M. Cornelis de Witt Revue des Deux Mondes

Jefferson lui-même se serait bien gardé de l’affirmer. S’il est une utopie plus contraire au génie national des Français que la république une et indivisible, c’est assurément la république fédérative. L’unité de la France n’est pas le produit factice d’une révolution, pas plus que la division de l’Amérique du Nord en états distincts : elle est l’œuvre des siècles, elle est la condition de notre sécurité comme de notre grandeur dans le monde ; elle répond à la fois à nos besoins, à nos habitudes et à nos goûts. Il faut que la liberté sache s’en accommoder.
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Une politique sans suite et sans souci de l’avenir, des lois instables, un pouvoir méprisé, une société à la fois agitée et uniforme, les esprits nivelés encore plus que les conditions, tels sont les mauvais effets que l’état social démocratique peut entraîner, qu’il doit entraîner partout où il ne trouve pas un puissant correctif dans les mœurs et dans les lois.
Après la révolution de 1843, la France a eu le sentiment, un sentiment profond, de tous les périls et de toutes les hontes auxquels l’exposait le déchaînement des passions et des idées démocratiques.
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