Prosper de Barante

Résumé

Prosper de Barante Revue des Deux Mondes

Le sénat recevait en apparence des attributions qui le grandissaient ; mais il était facile de voir qu’il ne serait jamais un obstacle aux volontés mêmes les plus illégales de l’empereur.
En se plaçant sur un trône, Napoléon voulut se donner le pompeux appareil des souverains qui dataient du siècle passé. Il eut des grands dignitaires, des connétables, des maréchaux de France, une cour de chambellans, d’écuyers, de maîtres de cérémonies. Peut-être y trouvait-il l’avantage de s’attacher un entourage d’hommes qui lui devraient leur élévation et leur fortune.
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Dix années de persécutions ou d’oppressions avaient interrompu les habitudes de piété ; pour pratiquer, il fallait du zèle et souvent du courage. Les plus vulgaires esprits forts s’enorgueillissaient du triomphe de leur cause, et le succès venait s’ajouter à leurs argumens ; les indifférens vivaient sans que rien ne les rappelât à aucun devoir.
Malgré de telles apparences, le premier consul savait voir qu’au fond et dans la réalité, la religion chrétienne n’avait pas cessé d’être le lien des familles, la consécration réelle et nécessaire de la morale, la seule règle de la vie.
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Mais lorsque des convulsions intérieures préoccupaient tous les esprits ; lorsque la guerre absorbait toute l’activité nationale ; quand le commerce et l’industrie n’avaient aucune sécurité, que le crédit public n’existait pas, ni par conséquent le crédit commercial et le jeu des gros capitaux, toutes les grandes inventions restaient en germe. Sans la révolution française, avec un gouvernement raisonnable et les libertés conçues par Turgot et Necker, l’ère industrielle serait advenue quarante ans plus tôt.
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