Pierre Ier de Russie

Définition et enjeux

Portrait de Olympe Audouard Olympe Audouard Les nuits russes (1876)

L'histoire de la Russie va nous prouver que la nature du Russe ne peut engendrer la civilisation. Aucun art, aucune science, aucun progrès n'est fils de ce sol ; la première civilisation y est née du contact de ces barbares du nord avec les Grecs ; mais, livrés à eux-même, la capitale de l'empire reculée de Kieff à Vladimir, on a vu les Russes se replonger dans la barbarie. Tous les grands princes qui, avant Pierre le Grand, ont voulu tenter de civiliser leur patrie, n'ont rien trouvé de mieux à faire que d'appeler des étrangers chez eux. Pierre Ier a usé de ce moyen sur une vaste échelle
Source : Gallica

marquis de Astolphe Custine La Russie en 1839, Volume III

Aussi, à chaque pas que l'étranger fait sur la route de Pétersbourg à Moscou, la Russie, avec son territoire sans bornes, avec ses immenses ressources agricoles, grandit dans son esprit autant que Pierre-le-Grand rapetisse. Monomaque, au XIe siècle, était un prince vraiment russe; Pierre Ier, au XVIIIe, grâce à sa fausse méthode de perfectionnement, n'est qu'un tributaire de l'étranger, un singe des Hollandais, un imitateur de la civilisation qu'il copie avec la minutie d'un sauvage.
Source : Gutenberg

Portrait de Astolphe de Custine Astolphe de Custine La Russie en 1839

Au surplus, l’histoire de Russie ne date pas, comme l’ignorante et frivole Europe paraît le penser, du règne de Pierre Ier : Moscou explique Saint-Pétersbourg ; et les Ivan préparaient la voie à Pierre le Grand.
La délivrance de la Moscovie après de longs siècles d’invasion ; plus tard, le siége et la prise de Kasan par Ivan le Terrible ; les luttes acharnées contre la Suède, et tant d’autres brillants et patients faits d’armes justifient la fière attitude de Pierre Ier et l’humble confiance de sa nation. La foi en l’inconnu est toujours imposante.
Source : Wikisource

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