Saint-René Taillandier,
Le Comte Spéranski
“ En Russie, rien de pareil, point d’esprit public, point de mœurs libérales ; l’opinion, c’est-à-dire la conscience populaire, n’existe pas encore. La France avait conservé des institutions séculaires dont l’appui n’était pas toujours illusoire ; la Russie était la propriété d’un homme, et ne songeait même pas à s’en plaindre. Turgot voulait moraliser une société corrompue, relever une monarchie décrépite ; Spéranski, sans oser peut-être se l’avouer, avait l’ambition d’émanciper un peuple enfant, il prétendait lui apprendre ses droits et lui donner une âme. ”
