Résumé

L. Constant Les Grand Procès politiques. Le Duc d'Enghien… (1869)

Tandis que les agents du futur fondateur de l'empire français se dirigeaient vers Ettenheim, la victime qu'ils avaient l'ordre d'y saisir au mépris de tous les droits, et en violant la neutralité d'une terre allemande, se complaisait dans toutes les douceurs d'un amour partagé. Ce soi-disant conspirateur, celui que le premier consul Bonaparte désignait hautement comme un des complices de Georges Cadoudal et qu'il flétrissait des noms de brigand et d'assassin, oubliait près d'une femme ardemment aimée les chagrins poigaants qui viennent torturer le cœur de l'exilé et du proscrit.
Source : Gallica

L. Constant Les Grand Procès politiques. Le Duc d'Enghien… (1869)

Le surlendemain, 20 mars, entre onze heures et midi, j'entendis un homme et une femme qui criaient une nouvelle officielle; les passants s'arrêtaient, subitement pétrifiés par ces mots : « Jugement de la commission militaire spéciale convoquée à Vincennes, qui condamne à la peine de mort le nommé Louis-Antoine-Henri de Bourbon, né le 2 août 1772, à Chantilly. »
Ce cri tomba sur moi comme la foudre ; il changea ma vie, de même qu'il changea celle de Napoléon. Je rentrai chez moi; je dis à Mme de Chateaubriand : « Le duc d'Enghien vient d'être fusillé. »
Source : Gallica

L. Constant Les Grand Procès politiques. Le Duc d'Enghien… (1869)

Le premier consul ordonne que le jugement sera exécuté sur-le-champ, formule sinistre qui disait assez la nature de ce jugement. En dépit de tous les mensonges qu'on a entassés sur cet incident de sa vie, il n'y a pas trace d'un fait qui prouve qu'il ait éprouvé un seul instant d'hésitation; tout démontre au contraire que jamais meurtre n'a été plus froidement consommé. On l'a dépeint se promenant seul pendant des heures entières dans les allées de la Malmaison, inquiet, incertain, et l'esprit profondément troublé.
Source : Gallica

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