“ Plus tard, Dumouriez sauva la France, et chassa les étrangers de notre sol. Ainsi, pendant vingt-cinq ans et plus, on avait vu Dumouriez fidèle à la patrie, à l’honneur, épris d’amour pour la France, travaillant, encore obscur et dans sa jeunesse, à la fortifier, et plus tard, dans son âge mûr, on le vit à la tête du gouvernement, encore uniquement occupé de sa grandeur et de sa gloire. L’horreur que lui inspirèrent les excès de la révolution l’entraîna dans une faute qu’il ne cessa dès-lors d’aggraver jusqu’à la fin de sa vie. ”
Dumouriez
Définition et enjeux
Le général Charles-François Dumouriez incarne une figure complexe de la Révolution française, oscillant entre le dévouement à la patrie et des actes contestables. Historiens et contemporains, tels que Sainte-Beuve ou Alexandre Dumas, le dépeignent comme un militaire talentueux, sauveur de la France à Valmy, mais aussi un homme troublé par des ambitions personnelles et des contradictions.
Les textes soulignent ses succès stratégiques, ses rapports tendus avec les républicains radicaux, et une image ambiguë d’un patriote déchiré entre idéalisme et fragilités humaines. Cette dualité, mise en lumière par ses biographes et ses contemporains, révèle un personnage clé de la période révolutionnaire, dont le destin reflète les tensions de son époque.
Citations sur “Dumouriez”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ LE JÉSUITE MORLET. — Dumouriez est doué d’un orgueil excessif et d’appétits nombreux... mais insatiables : il est libertin, il est homme de bonne chère, il est joueur, il est prodigue à outrance, ce cher général, et il a de plus le bon sens de comprendre qu’en fin de compte l’austère et rigide république, — fût-il vainqueur de l’Europe, — ne lui décernerait jamais, au nom de la patrie reconnaissante, qu’une couronne civique de simples feuilles de chêne, moyennant lesquelles feuilles de chêne il ne saurait vraiment mener grand train, joyeuse vie et entretenir magnifiquement des drôlesses ”
Alexandre Dumas,
Création et rédemption, première partie…
“ Mais, après avoir gagné deux batailles, après avoir sauvé la France à Valmy et à Jemmapes, il avait été accusé de ne l'avoir sauvée qu'au profit du duc de Chartres. Un voyage qu'il avait fait à Paris, quelques ouvertures qu'il avait risquées, avaient donné créance à ces bruits que les girondins n'osaient pas démentir. Seulement, Dumouriez était l'homme heureux, et par conséquent l'homme indispensable. ”
Sainte-Beuve,
Revue des Deux Mondes
“ L’écrit intitulé Guerre et Proscription, finit par ces mots : « Dumouriez, réconcilié avec les girondins, eut le commandement de l’armée de Lafayette. L’entrée des ennemis le tira d’affaire ; il prit devant eux une très bonne position. Dumouriez, qui n’avait joué jusqu’alors que des rôles subalternes, se montra fort supérieur à ce qu’on devait attendre de lui. Il déploya beaucoup de talens, des vues étendues, et l’on jugea pendant quelque temps de son patriotisme par ses succès. » — En ce temps de grandes phrases, je me sens de plus en plus touché de ce qui n’est que bien dit. ”
Alexandre Dumas,
Création et rédemption, première partie…
“ En apprenant l'arrivée du ministre de la Guerre et des commissaires de la Convention, tout l'état-major de Dumouriez l'avait entouré. Il y avait là le général Valence, Thouvenot, qui venait d'être élevé à ce grade, le duc de Chartres, et les demoiselles de Fernig, dans leur uniforme de hussard.—Oh! dit Dumouriez, je le connais d'avance, votre décret. Vous venez me reprocher d'avoir été trop honnête homme en Belgique, d'avoir forcé à rendre l'argenterie aux églises, de n'avoir pas voulu empoisonner un pauvre peuple avec vos assignats. ”
Émile Gaboriau,
Le capitaine Coutanceau
(1878)
“ Ce qui est sûr, positif, indiscutable, c'est que tel jour Dumouriez a sauvé la patrie. Des hommes de son temps, qui vivaient dans son intimité et qui ont eu sa confiance, racontent qu'il portait en lui le pressentiment de quelque grande tâche à remplir. ”
Jules Michelet,
Œuvres complètes de J. Michelet
“ L’armée aimait Dumouriez ; les troupes de ligne du moins lui étaient fort attachées. Elles avaient de l’estime et de la sympathie pour leur jeune compagnon d’armes, le général Égalité, qui se faisait comme des leurs, était moins leur chef que leur protégé. Sa royauté eût été celle de l’armée elle-même. ”
Jules Michelet,
Œuvres complètes de J. Michelet
“ Étrange audace qui s’appuyait sur une supposition fort légère, à savoir, qu’on pourrait amener à un traité Dumouriez et les Feuillants, concilier les deux généraux ennemis de la Gironde, Dumouriez et La Fayette, et de ces deux épées briser la plume des avocats. Le difficile était de décider Dumouriez à rester, en renvoyant Roland, Servan et Clavières, à rester pour porter seul l’indignation du public et de l’Assemblée. On y parvint au moyen d’un mensonge et d’une ruse puérile. Le roi trompa le ministre ; le simple et le bonhomme attrapa l’homme d’intrigues ”
Winand Aerts, La Belgique sous la domination française… (1912)
“ Dumouriez donna dans maintes occasions la preuve d'une froide intrépidité. A son arrivée au camp de Sedan (29 août) , une grande partie de l'armée était prévenue contre le nouveau général; on le regardait comme un homme de plume dont la vie s'était passée dans les bureaux du ministère et dans de petits commandements; on l'accusait d'avoir perdu Lafayette par ses intrigues. Il ne vit partout que des visages sombres et irrités; pas de cris, pas de vivats, mais le silence d'une armée chagrine et méfiante. ”
Charles-François Dumouriez,
Mémoires du général Dumouriez
(1848)
“ Dumouriez, très-vif, se souvenant des recommandations de la bonne tante, pose sa canne et son épée en travers, et fait entendre le mieux qu'il peut à ce brutal qu'il ne lui laissera pas battre sa sœur impunément. Il s'apaise, et on arrive à Bruges: Dès que Fernando est descendu de voiture, il entraîne sa malheureuse sœur dans une écurie, et se met à la maltraiter. On entend de grands cris, tout le monde accourt. Dumouriez y vole, donne cinq ou six bourrades avec sa canne à ce vilain homme, le fait entrer dans la barque, et le tient éloigné de sa sœur, qu'il prend sous le bras. ”
Henri Pouget de Saint-André, Le général Dumouriez (1739-1822… (1914)
“ LETTRE ATTRIBUÉE A RIVAROL 5 octobre 1792. « ... Quant à Dumouriez, cet homme est inconcevable... On croit voir sous son bonnet rouge percer le bout de l'oreille aristocratique... « Un plan de campagne est arrêté, il le bouleverse; il souffle le commandement de l'armée au vieux Rochambeau. «... Lafayette furieux de voir qu'on sauve le roi sans lui, le force à renvoyer Dumouriez. Ses lettres à l'assemblée ont l'air d'une mystification continuelle... » ”
Ernest Delloye, Variétés cambrésiennes, par Ernest Delloye… (1897)
“ Dumouriez, notre concitoyen, homme de talent mais déséquilibré, intrigant, tout entier au service de la Révolution, ne sut pas aussi habillement cacher ses intrigues que le firent les hommes, ses complices, dont il devint plus lard la victime. ”
Henri Pouget de Saint-André, Le général Dumouriez (1739-1822… (1914)
“ D'Avaray eut beaucoup de peine à calmer les gardes du corps qui voulaient chercher querelle à Dumouriez et à ses aides de camp. Le nouveau converti avait, disaient-ils, la tête trop près du bonnet rouge pour le faire entrer dans les conseils du roi. Le duc de Bourbon écrivait au prince de Condé : « Dumouriez a fait une belle protestation publique de son pur royalisme... s'il dit la vérité c'est assurément très louable, mais on fera bien de ne pas se livrer entièrement à sa bonne foi, car je le regarde comme un maître coquin1. » ”
Henri Pouget de Saint-André, Le général Dumouriez (1739-1822… (1914)
“ A son arrivée la plus grande partie des troupes cria : « Vive Dumouriez, vive le roi ! » Mais l'escorte étrangère donnait la partie belle aux Jacobins : « Vous voyez bien qu'il trahit», répétèrent-ils partout. En même temps le bruit de sa mort est habilement répandu en Belgique et dans le Nord de la France. Lequinio et ses collègues promettent une récompense importante à qui livrera le général. Les commissaires de la Convention déploient « autant d'énergie et d'activité que les agents de Dumouriez montrent de lenteur et de maladresse1 ». ”
Winand Aerts, La Belgique sous la domination française… (1912)
“ Dumouriez (Anne-François-Duperrier) , poète français, né à Paris en 1707, mort en 1769, était un ancien officier du régiment de Picardie. Il fut commissaire des guerres (1732) , puis intendant de l'armée du maréchal de Broglie. C'était un homme instruit qui cultivait la poésie, les belles lettres et les arts. Il composa des poésies fugitives, une tragédie intitulée Demetrius, un ouvrage sur l'administration des armées, etc. La seule production de lui qui ait vu le jour est une traduction du Richardet de Fortiguerra (Liège, 1766) . (Cf. Grande Encyclopédie et A. Chuquet. Op. cit.) ”
Henri Pouget de Saint-André, Le général Dumouriez (1739-1822… (1914)
“ A Bruxelles Sainte-Gudule est saccagée; des volontaires s'affublent d'ornements sacerdotaux, se grisent dans la cathédrale et cassent tout. Dumouriez punit les meneurs, fit remettre les prisonniers en liberté et restituer les trésors confisqués, sans s'inquiéter de la colère des commissaires de la Convention. ”
Henri Pouget de Saint-André, Le général Dumouriez (1739-1822… (1914)
“ Le parti que prend Dumouriez, que l'armée tout entière suivra peut-être, m'empêche d'aller à Paris. La guerre civile est déjà en Vendée; de nouveaux intérêts vont créer de nouvelles factions. Je ne veux entrer dans aucune. Si j'échappais aux prisons de vos comités, je ne veux pas choisir les Français que je dois combattre. Je m'exile de ma patrie. Jamais je ne servirai contre mes concitoyens, quelle que soit leur opinion ou leur égarement. ”
Charles-François Dumouriez,
Mémoires du général Dumouriez
(1848)
“ Nous interromprons ici les Mémoires de Dumouriez; il se plaît trop dans son récit. Nous y faisons des retranchements qu'exige le plan de notre collection. Dumouriez offre un spectacle rempli d'intérêt quand, luttant avec toutes les ressources de son esprit et de son caractère contre les coups du sort et le désavantage de la naissance, il perce, il s'avance, il monte ces premiers degrés qu'il eut tant de peine à franchir. ”
Henri Pouget de Saint-André, Le général Dumouriez (1739-1822… (1914)
“ NOTES SUR LA BASTILLE Pendant son séjour à la Bastille, Dumouriez ayant démoli le plafond de la chambre située au-dessous de lui, « vit un homme d'environ cinquante ans, nu comme la main, avec une barbe grise très longue, des cheveux hérissés, qui, hurlant comme un enragé, lui lançait par le trou les gravois qu'il avait fait tomber. Il voulut parler à ce malheureux ; il était fou. Il a su depuis qu'il se nommait Eustache Farcy, capitaine au régiment de Piémont, enfermé pour avoir fait une chanson contre la Pompadour ». ”
Winand Aerts, La Belgique sous la domination française… (1912)
“ Dumouriez général Dumouriez avait donc donné sa démission de ministre de la guerre le 18 juin 1792. Il se rendit à l'armée du Nord. Il semblait avoir encouru la disgrâce de tous les partis. Marie-Antoinette, ainsi que nous venons de le lire, le regardait comme un traître, dont les protestations ne méritaient nulle créance. Brissot disait hautement que son patriotisme n'était qu'hypocrisie et l'appelait « le plus vil des intrigants, un saltimbanque en politique et en morale ». ”
Lucien Perey, Histoire d’une grande dame au XVIIIe siècle… (1887)
“ Dumouriez s’établit à Grand-Pré pour fermer les chemins de Reims et de la Croix-au-Bois. Il fit donner l’ordre au général Duval, alors à Pont sur-Sambre, de lever immédiatement son camp et d’arriver à marche forcée au Chène-Populeux. Dumouriez comptait sur le succès ; une imprudence déjoua ses espérances. Le passage de la Croix-au-Bois avait été jugé d’importance médiocre, il n’était défendu que par deux bataillons et deux escadrons. Dumouriez surchargé d’affaires, n’avait pas eu le temps de s’assurer par ses propres yeux de l’utilité de ce défilé ”
Émile Gaboriau,
Le capitaine Coutanceau
“ Tous ces travaux ne l’empêchaient pas de paraître au club des Jacobins, de suivre les séances de l’Assemblée, et de se lier avec les députés Girondins les plus influents, principalement avec Gensonné.Et voilà comment, le 15 mars 1792, Dumouriez fut nommé ministre des affaires étrangères...S’il était encore en France un homme capable de sauver la cause presque perdue de la vieille monarchie, cet homme assurément c’était Dumouriez. ”
Henri Pouget de Saint-André, Le général Dumouriez (1739-1822… (1914)
“ Si une place forte est remise à mes troupes, je m'engage de la façon la plus expresse à la rendre aussitôt que le gouvernement qui sera établi en France, ou le brave général Dumouriez le demanderont. Je prendrai les mesures les plus rigoureuses pour que mes troupes ne se permettent la moindre exaction ou la moindre violence. Quiconque contreviendra à mes ordres sera puni de mort. ”
Léonard-Charles-André-Gustave Gallois, Dictionnaire historique de tous les ministres… (1828)
“ Dumouriez écrivit à la convention, aussitôt après cet éclat, qu'il allait marcher sur Paris pour délivrer la France de l'oppression. Dès lors il abandonna sa fortune à l'audace, L'armée apprit les desseins de son général sans trop d'émotion d'abord; mais bientôt des murmures éclatèrent, et la défection commença. Dumouriez voulut se rendre à Condé, accompagné du due de Chartres, de deux colonels et de quelques officiers et hussards ”
Émile-Cyprien Driant, Jean Tapin : histoire d'une famille de soldats… (1901)
“ Reste à savoir si l'armée de Dumouriez aura eu le temps et la force d'occuper l'Argonne, d'établir ainsi une barrière entre la France et l'ennemi. — Mais il est à Sedan! dit encore le commandant. Comment admettre la possibilité pour Dumouriez d'exécuter cette marche de flanc, à pareille proximité de l'ennemi? Elle est si audacieuse qu'elle paraît presque impossible à réaliser. ”
Henri Pouget de Saint-André, Le général Dumouriez (1739-1822… (1914)
“ Je tiens à vous dire combien je respecte Dumouriez. Il doit avoir beaucoup souffert à Altona... Aucun homme ne peut être soupçonné de fausseté, s'il est réellement bien intentionné, et du fond du cœur, je crois que c'est le cas de Dumouriez... C'est un homme remarquable, bien supérieur à nos généraux. ”
Henri Pouget de Saint-André, Le général Dumouriez (1739-1822… (1914)
“ Dès que le ministère de la Guerre fut confié à Narbonne1, Dumouriez lui adressa ses félicitations : « Il faut tout votre esprit et votre courage pour vaincre les difficultés dont vous êtes environné. Les officiers généraux qui aiment sincérement la constitution et le roi doivent se rallier à vous. » ”
Henri Pouget de Saint-André, Le général Dumouriez (1739-1822… (1914)
“ Inutile de faire remarquer l'invraisemblance du cadeau de 250.000 francs offert par Dumouriez ruiné à un prince jouissant d'une belle fortune ! En même temps la police saisissait toute une correspondance royaliste 2, L'un des chefs des conspirateurs affirmait les progrès réalisés par Fauche-Borel : « Dumouriez le seconde, c'est la seule personne à employer, vu son grand crédit. » ”
Fr. de Mouisse, La Convention nationale, par M. F. de Mouisse (1866)
“ Le général Dumouriez, après de graves difficultés vaincues, après une vigoureuse attaque énergiquement et heureusement repoussée, se trouvait solidement établi dans une position très-forte, à la tête de soixante mille hommes la plupart disciplinés et aguerris, avec une cavalerie et une artillerie suffisantes. ”
Jeanne-Marie Roland de La Platière, Mémoires particuliers de Mme Rolland… (1847)
“ Mais, sur ces entrefaites, Dumouriez, dont le roi fêtait les gaillardises et que ses mœurs rendaient moins étran• ger à la cour, fut appelé plusieurs fois chez la reine l, Il avait à venger un petit déplaisir et à se débarrasser de ses collègues, dont l'austérité ne convenait guère à son allure : il entra dans les arrangements dont on ne tarda pas à voir l'effet. ”
Arthur Chuquet, La campagne de l'Argonne (1792… (1886)
“ « J'ai ouï dire à Vioménil que dans les comptes que Dumouriez lui remit de l'argent du gouvernement (en Pologne) , il avait reconnu la plus grande netteté. Dumouriez n'est pas intéressé ni avide d'argent ; tout ce qu'il a fait, n'a eu d'autre motif que l'ambition de jouer un grand rôle.. Clermont-Gallerande, Mém., III, 448. végéter ici ; un grand mouvement se prépare à Paris, je vais y aller et y faire fortune1 ». La Révolution éclata ; Dumouriez l'accueillit avec joie. ”
Charles-François Dumouriez,
Mémoires du général Dumouriez
(1848)
“ Il devenait alors impossible que Dumouriez obéît à l'ordre de Luckner, et pariît avec six bataillons et cinq escadrons pour aller à Metz, laissant la Flandre dégarnie au moment où l'ennemi y pénétrait. Dillon même s'y opposa. Mais c'était un acte de désobéissance trop formel pour que les deux généraux le prissent sur eux. Dumouriez surtout prévoyait qu'on chercherait à lui en faire un crime : une première lettre du maréchal, qui blâmait la réunion des troupes au camp de Maulde, et une lettre insolente de Berthier, l'avertissaient de mettre dans cette démarche beaucoup de prudence. ”
Henri Pouget de Saint-André, Le général Dumouriez (1739-1822… (1914)
“ Le czar fut si satisfait de Dumouriez qu'il l'invita à venir tous les jours causer avec lui à la parade. Il ne tarda pas à être sous le charme du général : tout en lui avouant son admiration pour le premier consul, il lui déclara : « Il faut que vous soyez le Monk de la France. » « Si Votre Majesté, répondit Dumouriez, veut m'en donner les moyens j'y arriverai. » Et il remit à l'empereur la première partie d'un mémoire exposant ses plans. Paul Ier l'autorisa à traiter avec l'Angleterre en vue d'une action commune et lui demanda pour le lendemain la seconde partie de son mémoire. ”
Ernest Daudet,
Histoire de l'Émigration pendant la Révolution Française…
“ «Hier, Dumouriez a pris congé de l'empereur. Il en a reçu l'accueil le plus favorable. Il part chargé d'une mission importante. Il est à la veille de rendre à sa patrie un service bien plus éclatant que tous ceux qu'il aurait pu lui rendre par ses succès militaires.»C'est après s'être fait précéder par ces renseignements que Dumouriez se mit en route le 19 avril avec d'Angély, qui lui servait de secrétaire, et un gentilhomme français, M. d'Agoult, rencontré parmi les émigrés autorisés à résider à Saint-Pétersbourg. Son intention n'étant pas de repasser par Mitau, il s'embarqua pour Lubeck. ”
