“ Lorsque, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, George III confisqua enfin ses biens d’Angleterre, on le regardait déjà comme aux trois quarts ruiné, quoiqu’il possédât encore un revenu évalué à plusieurs centaines de mille livres. Il était veuf, et sa cousine Rolande de Clare, qu’on appelait lady Stuart, tenait sa maison à Rome où il avait choisi sa résidence. On disait de celle-là qu’elle avait élevé ses regards très haut et que les rayons du soleil lui avaient brûlé le cœur ; d’autres prétendaient qu’un mariage mystérieux la rapprochait de ce trône déchu qui était son berceau. ”
George III
Définition et enjeux
George III, roi de Grande-Bretagne et d'Irlande de 1760 à 1820, a marqué son époque par un règne troublé, marqué par des conflits armés, des enjeux politiques et une détérioration progressive de sa santé mentale. Les historiens et auteurs tels que Philarète Chasles ou Augustin Filon ont examiné son parcours, mettant en lumière ses ambivalences : un monarque anglican, éloigné des querelles dynastiques allemandes, confronté à l'escalade des tensions coloniales et à l'échec de ses aspirations impériales.
Ses rapports avec le Parlement, ses décisions de gouvernance et son isolement mental ont suscité des interprétations diverses, comme le souligne Henri Blerzy, qui le décrit comme un souverain animé par une « ligne politique invariable » face à un pays en pleine transformation.
Citations sur “George III”
Auguste Laugel,
La Chambre des communes et le gouvernement parlementaire en Angleterre
“ Ces grandes oscillations subissent des arrêts ou même des retours momentanés, mais il y a comme de fortes impulsions qui se font sentir à travers plusieurs générations d’hommes. George III tira les tories de leur longue disgrâce ; le jeune souverain, plus Anglais que ses prédécesseurs, se sentait aussi plus roi. Les règnes précédens avaient servi à mettre en pratique le gouvernement parlementaire ; ses règles étaient si bien établies que les batailles pour la prérogative royale livrées sous George III ne furent que des escarmouches, comparées à celles qui s’étaient livrées sous les Stuarts. ”
Philarète Chasles,
Revue des Deux Mondes
“ On reconnaît par exemple que le sentiment national, de 1700 à 1780, en Angleterre, c’est la ligue du Nord, à la tête de laquelle se met la Grande-Bretagne ; on sacrifie tout à cela. Pourvu que l’on se venge de Louis XIV et du Midi, on est content ; cette vengeance s’achète par tous les vices et toutes les folies. George Ier se couvre de mépris ; George II, quoique brave, se montre fort ridicule. George III, meilleur que les deux autres, ne se détache par aucune supériorité brillante. Ces princes n’ont pas même le mérite d’être Anglais ; leur parlement et leur peuple ne tiennent en rien à eux. ”
