Jurien de La Gravière

Résumé

Jurien de La Gravière Revue des Deux Mondes

Incessamment battues par la vague, deux ou trois têtes de roche supportent depuis des siècles l’effort des ouragans qui désolent ces parages. On voyait la mer se briser sur le bord du récif, les embruns jaillir, semblables à une épaisse colonne de fumée, qui ne s’affaissait un instant sur elle-même que pour s’élancer plus haut encore. Nous passâmes à quatre ou cinq milles de l’écueil de Vele-Rete, n’osant pas, malgré la force des rafales, réduire notre voilure, de peur d’être entraînés par les courans près de ce banc dangereux. La brise cependant n’avait pas cessé de fraîchir.
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Jurien de La Gravière Revue des Deux Mondes

Alexandre, pour moi, n’est que le successeur et l’émule d’Achille. Le fils de Philippe sera certainement, à ses heures, législateur, conquérant, fondateur de villes ; il ne mettra en réalité son orgueil qu’à devenir l’égal des héros d’Homère. La gloire n’a jamais revêtu à ses yeux d’autres traits. L’Achille de l’épopée, c’est l’Alexandre de l’histoire. Ce vainqueur qui vient de coucher le génie grec dans sa tombe l’en relève soudain pour le personnifier dans toute sa grâce et dans toute sa splendeur.
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Jurien de La Gravière Revue des Deux Mondes

On eût dit, non sans quelque apparence déraison : l’amour de la patrie, c’est la haine de l’étranger. Aujourd’hui, il faut chercher autre chose. Les haines vivaces, telles que celles qui ont animé Jeanne d’Arc et Nelson, ne s’accumulent que lentement dans le cœur des peuples. Elles sont le produit de plusieurs siècles de luttes et de souffrances. La patrie, si j’essayais d’exprimer l’idée que, suivant moi, tout homme bien né aujourd’hui y attache, c’est l’histoire ! Le sentiment de la brièveté de la vie pèse à chaque instant sur nous.
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