Édouard Hervé

Résumé

Édouard Hervé Revue des Deux Mondes

La popularité d’O’Connell était ébranlée. Son attitude, au moment de l’interdiction du meeting de Clontarf, lui était reprochée comme une défection. Des hommes plus jeunes, plus ardens, moins expérimentés, rêvaient de donner une autre direction au parti national. C’était Smith O’Brien, que nous avons déjà vu mêlé au mouvement chartiste : un Lafayette irlandais, moins le prestige militaire, descendant authentique d’une des anciennes dynasties nationales de l’Irlande, allié aux premières familles de l’aristocratie, cœur honnête, esprit chimérique, caractère indécis.
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Édouard Hervé Revue des Deux Mondes

Pour eux, en dépit de ses vices, de sa servilité envers le pouvoir, de son intolérance à l’égard des catholiques, le parlement de Dublin restait le symbole de la patrie vaincue. Sa suppression fut considérée comme une suprême défaite et une suprême humiliation. Depuis cette époque, tout homme politique, tout agitateur qui s’est donné pour but le rétablissement de l’autonomie législative de l’Irlande, le rappel de l’acte d’union, a trouvé pour le suivre un parti plus ou moins nombreux, mais ardent et convaincu.
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Jamais on n’avait rien vu de pareil depuis le grand ministère de lord Grey, en 1830. On commençait à trouver que Gladstone allait un peu vite. L’Angleterre n’est pas habituée à marcher d’un tel pas ; elle aime à respirer après chaque réforme. On ne lui laissait pas le temps de souffler ; elle finit par demander grâce. On ne l’écouta pas ; elle se fâcha.
C’était en 1873 : cinq ans s’étaient écoulés depuis que Gladstone était arrivé triomphalement au pouvoir, précédé par un splendide programme de réformes, escorté par une majorité formidable dans la chambre et dans le pays.
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