P. Duvergier de Hauranne

Résumé

P. Duvergier de Hauranne Revue des Deux Mondes

Lord Stanley n’a certainement ni la diction si fleurie, si élégante de M. Canning, ni la parole si abondante, si variée, si mordante, si pleine d’originalité et de puissance, qui distingue lord Brougham ; mais il a une éloquence à lui qui excite et qui remue. Pour lord Stanley, la parole est une épée, comme pour sir Robert Peel une machine. Malheur, quand le signal est donné, à qui se trouve en face de lui ! Il frappe sans pitié, et ne s’arrête que quand les forces lui manquent, ou que le blessé ne donne plus signe de vie.
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De cette triple pensée de la Russie, de l’Angleterre, de la France, naquit naturellement et nécessairement une triple politique. Ce que voulait la Russie, c’était un pays sans cesse troublé, agité, déchiré par des désordres intérieurs, et qui, par lassitude de la guerre civile, finit par se jeter un jour dans les bras de son puissant voisin. Ce que voulait l’Angleterre, c’était un royaume faible, pauvre, dépendant, incapable de vivre d’une vie propre et de faire sentir au dehors son influence et son action.
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N’est-ce pas le moment de placer nettement l’Angleterre entre une séparation absolue et l’égalité complète, l’égalité politique, civile et religieuse ? N’est-ce pas le moment de faire ainsi appel à tous les sentimens libéraux, honnêtes, vraiment patriotiques, des trois royaumes, et de mettre la guerre civile, si elle éclate, à la charge de ceux qui auront refusé justice ? Tout annonce qu’indépendamment des radicaux et des whigs, un tel langage rallierait aujourd’hui beaucoup de tories modérés.
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