“ Lorsque, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, George III confisqua enfin ses biens d’Angleterre, on le regardait déjà comme aux trois quarts ruiné, quoiqu’il possédât encore un revenu évalué à plusieurs centaines de mille livres. Il était veuf, et sa cousine Rolande de Clare, qu’on appelait lady Stuart, tenait sa maison à Rome où il avait choisi sa résidence. On disait de celle-là qu’elle avait élevé ses regards très haut et que les rayons du soleil lui avaient brûlé le cœur ; d’autres prétendaient qu’un mariage mystérieux la rapprochait de ce trône déchu qui était son berceau. ”
George III d'Angleterre
Définition et enjeux
Citations sur “George III d'Angleterre”
Philarète Chasles,
Revue des Deux Mondes
“ On reconnaît par exemple que le sentiment national, de 1700 à 1780, en Angleterre, c’est la ligue du Nord, à la tête de laquelle se met la Grande-Bretagne ; on sacrifie tout à cela. Pourvu que l’on se venge de Louis XIV et du Midi, on est content ; cette vengeance s’achète par tous les vices et toutes les folies. George Ier se couvre de mépris ; George II, quoique brave, se montre fort ridicule. George III, meilleur que les deux autres, ne se détache par aucune supériorité brillante. Ces princes n’ont pas même le mérite d’être Anglais ; leur parlement et leur peuple ne tiennent en rien à eux. ”
Émile de Laveleye,
De la Forme du gouvernement dans les sociétés modernes
“ Le pouvoir réel étant aux mains du chef de cabinet, les vertus et les talens du roi ne seront pas inutiles, mais ses vices, ses folies mêmes, ne peuvent atteindre directement les citoyens protégés par les lois. La démence de George III a certainement fait commettre des fautes à l’Angleterre; elle ne l’a pas empêchée de déployer une grande énergie au dehors et de poursuivre à l’intérieur l’affermissement de ses libertés. Les mauvaises chances de l’hérédité royale n’étaient à redouter que quand le monarque disposait à son gré du sort de ses sujets et de la destinée de son pays. ”
Adèle d’Osmond,
Mémoires de la comtesse de Boigne
“ Le roi George III était aussi aimé que respecté en Angleterre. Son cruel état pesait sur le pays comme une calamité publique. Il est à remarquer que, dans un pays où la presse se permet toutes les licences et ne se fait pas faute d’appeler un chat un chat, jamais aucune allusion désobligeante n’a été faite à la position du Roi, et, jusqu’à Cobbet, tout le monde en a parlé avec convenance et respect. Les vertus privées servent à cela, même sur le trône, lorsqu’on n’est pas en temps de révolution. ”
duchesse de Dorothée Dino, Chronique de 1831 à 1862, Tome 1…
“ GEORGE III, Roi d'Angleterre, 1738-1820. Il monta sur le trône en 1760, succédant à son grand-père George II. Il étendit les conquêtes de l'Angleterre aux Indes et réunit définitivement l'Irlande. Il combattit de tout son pouvoir la Révolution française, et devint fou dix ans avant sa mort. GEORGE IV, Roi d'Angleterre, 1762-1830. Une jeunesse dissipée, l'énormité de ses dettes et son mariage avec une catholique, Mrs Fitzherbert, lui aliénèrent l'estime de sa nation. En 1795, il épousa la princesse Caroline de Brunswick, à laquelle il intenta plus tard un procès scandaleux. ”
Charles de Rémusat,
Revue des Deux Mondes
“ Assurément ces vingt ans de l’histoire du gouvernement représentatif en Angleterre ne sont pas un âge d’innocence et de vertu politique. Le roi George III n’était pas le modèle du monarque constitutionnel; il y avait des courtisans qui travaillaient sourdement contre les influences parlementaires. Les chambres ne se signalaient ni par une intégrité sévère, ni par une fière indépendance, ni par une infaillible sagesse. Les hommes éminens se contraignaient peu, et donnaient rarement l’exemple du sacrifice au bien général de leur vanité et de leur passion. ”
Paul Devaux, Études politiques sur l'histoire ancienne et moderne et sur l'influence de l'état de guerre et de l'état de paix… (1875)
“ A l'ombre de la paix et de l'ordre, l'Angleterre, pendant cette première période du règne de George II, vit sa prospérité se développer, le caractère libéral de son gouvernement se dessiner de plus en plus et la dynastie s'affermir. ”
Louis de Viel-Castel,
Revue des Deux Mondes
“ En Angleterre même, l’opinion publique, après avoir long-temps soutenu George III dans son opiniâtre résistance aux vœux des Américains, commençait à déserter une politique condamnée par tant de désastres. Le ministère de lord North, qui s’en était rendu l’instrument docile, était frappé d’impopularité. On l’accusait de servilité envers le roi. Déjà, dans le dernier parlement, il n’avait pu empêcher la chambre des communes de proclamer, par une résolution formelle, l’urgente nécessité d’opposer une barrière aux empiétemens croissans de la prérogative royale. ”
Henri Galos, Les Conditions du Gouvernement libéral en France
“ L’Angleterre n’a-t-elle point passé par les mêmes difficultés et par les mêmes épreuves ? Elle ne les a surmontées que grâce aux vertus que nous n’avons pas, et, sans recourir aux violences auxquelles nous faisons appel dès que nous rencontrons un obstacle ou un défaut de logique dans l’application des principes de notre constitution. Les règnes des George en Angleterre ne sont qu’une série de luttes entre la couronne et le parlement. ”
Auguste Laugel,
La Chambre des communes et le gouvernement parlementaire en Angleterre
“ Ces grandes oscillations subissent des arrêts ou même des retours momentanés, mais il y a comme de fortes impulsions qui se font sentir à travers plusieurs générations d’hommes. George III tira les tories de leur longue disgrâce ; le jeune souverain, plus Anglais que ses prédécesseurs, se sentait aussi plus roi. Les règnes précédens avaient servi à mettre en pratique le gouvernement parlementaire ; ses règles étaient si bien établies que les batailles pour la prérogative royale livrées sous George III ne furent que des escarmouches, comparées à celles qui s’étaient livrées sous les Stuarts. ”
Alfred Michiels,
Voyage d'un amateur en Angleterre…
(1872)
“ Enfin le sort ennemi se lassa de le persécuter. George III monta sur le trône d'Angleterre : homme de goût, cœur bienveillant, son premier soin fut de récompenser le mérite. On lui parla de Johnson comme d'un auteur qui unissait le talent à la probité, mais qui, depuis sa jeunesse, 1 luttait en vain contre la misère. Le roi lui offrit une pension de 300 guinées ou 7,500 francs de notre monnaie : le publiciste n'avait point jusqu'alors déguisé sa sympathie pour les Stuarts; on craignait qu'il ne refusât, malgré son âge et sa détresse 1. ”
Bernard de Lacombe, Revue des Deux Mondes
“ Puis, il s’adressait directement au gouvernement britannique. Il ne faut pas, disait-il, qu’un malentendu se produise entre l’Angleterre et la France, qu’elles se brouillent ; que George III et ses ministres, prenant pour une insulte et une menace à tous les rois, le renversement du roi de France, déclarent la guerre à la Révolution : Le gouvernement provisoire de France vient présenter au gouvernement anglais l’expression la plus franche de son amitié, de sa confiance et de sa profonde estime pour le peuple qui, le premier dans l’Europe, a su conquérir et conserver son indépendance. ”
Henri Blerzy, Revue des Deux Mondes
“ George III avait eu quinze enfans, dont douze vivaient encore. Aucun d’eux ne sut conquérir les sympathies du peuple. Le second fils, le duc d’York, marié à une princesse royale de Prusse, n’avait pas d’enfans. Comme général, il échoua dans les Pays-Bas lorsqu’il fut mis à la tête de l’armée anglaise au début des hostilités. Pourtant il remplit, presque toute sa vie durant, le haut emploi de commandant en chef en Angleterre et s’y distingua par de réelles qualités. ”
Louis de Viel-Castel,
Revue des Deux Mondes
“ Il signala, en termes d’une incroyable violence, cette influence secrète, dangereuse, inconstitutionnelle, basse et perverse tout à la fois, qui n’avait cessé, suivant lui, de dominer le trône depuis l’avènement de George III, cette influence invisible, irresponsable des pernicieux conseils d’un favori, premier auteur de tous les troubles, de tous les malheurs de l’Angleterre et qui, bien qu’absent, exerçait encore au moyen de ses agens confidentiels, une puissance absolue. ”
E.-D. Forgues,
Revue des Deux Mondes
“ L’Angleterre apprit sans la moindre émotion qu’à ce soudard hanovrien, à ce grossier « marchand de saucisses, » qu’elle mésestimait et qui ne l’aimait guère, allait enfin succéder un prince né chez elle, parlant purement sa langue, timide et beau, jeune et de mœurs irréprochables. Du fils de George II, de ce prince Frédéric de Galles qui fut le père de George III, l’histoire ne dit presque rien. C’est une figure perdue dans la foule malgré les tentatives d’opposition qui l’avaient brouillé avec son père. ”
George Washington, Mémoires, correspondance et manuscrits du général La Fayette… (1837-1838)
“ J'aime bien mieux la gloire politique, qu'il ne manquera pas d'acquérir en Angleterre que celle qu'il aurait pu acquérir en France, et je pense que sa personne, ou plutôt son nom, aurait donné bien de l'embarras aux gens qui, comme vous, désirent le rétablissement de l'ordre et l'établissement d'un bon gouvernement. ”
“ Si M. Lloyd George devait quitter le pouvoir, nous serions de ceux qui regretteraient l’homme d’État vigoureux qui sut, avec ses alliés, mener la guerre jusqu’à son heureux terme. Des élections immédiates ouvriraient, pour l’Angleterre et pour sa politique en Europe, une ère d’incertitude qui pourrait entraîner les plus dangereuses conséquences. La coalition n’a pas terminé son œuvre ; elle est encore nécessaire à l’Angleterre, puisqu’aucun parti ne paraît assez fort pour assumera lui seul la charge du gouvernement. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ George III s’en faisait gloire, et comme aucun de vos cousins n’est né en Angleterre, il est de votre intérêt de faire reporter cela fortement (sic) . II. Vous ne pouvez jamais trop décerner d’éloges à votre pays et à ses habitans. Il y a deux nations en Europe, qui sont presque ridicules à cause des louanges qu’elles se donnent elles-mêmes, ce sont les Anglais et les Français. Il est très important que vous soyez très nationaliste, et comme il se trouve que vous êtes née en Angleterre et ne l’avez jamais quittée un seul instant, ce serait assez étrange si, on essayait de dire le contraire. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ Connu, dans l’histoire, sous le nom de George II. Il eut pour successeur : George III, son petit-fils, roi d’Angleterre, mort le 29 juin 1820, et pendant le règne duquel les titres d’électorat ont cessé d’exister avec l’empire. ”
Louis Grégoire, Nouveau Cours d'histoire, à l'usage des lycées et autres établissements d'enseignement secondaire… (1878)
“ Il se proposa d'endormir la nation et de faire vivre l'Angleterre en paix; il s'entendit avec le cardinal Fleury; et, lorsque George 1er mourut, en allant revoir une fois encore son cher électorat de Hanovre, il sut conserver le pouvoir sous son fils, le nouveau roi George II (1727-1760) . Malgré tous ses efforts pour maintenir la paix, il fut entraîné par l'opinion publique dans une guerre contre l'Espagne. Les Anglais abusaient du vaisseau de permission pour en faire un entrepôt inépuisable de marchandises anglaises ”
André Maurois,
Ariel: ou, La vie de Shelley
“ En 1809, le Roi George III d'Angleterre mit à la tête de l'aristocratique collège d'Eton le docteur Keate, petit homme terrible, qui considérait la bastonnade comme une station nécessaire sur le chemin de toute perfection morale, et qui terminait ses sermons en disant: «Soyez charitables, boys, ou je vous battrai jusqu'à ce que vous le deveniez.»Les gentlemen et les riches marchands dont il élevait les fils voyaient sans déplaisir cette pieuse férocité et tenaient pour singulièrement estimable un homme qui avait fouetté presque tous les premiers ministres, évêques et généraux du pays.En ce temps-là, toute discipline sévère était approuvée par l'élite. ”
Alexandre Dumas,
Les Trois Mousquetaires
(1844)
“ À trente-cinq ans qu’il avait alors, il passait à juste titre pour le plus beau gentilhomme et pour le plus élégant cavalier de France et d’Angleterre. Favori de deux rois, riche à millions, tout-puissant dans un royaume qu’il bouleversait à sa fantaisie et calmait à son caprice, George Villiers, duc de Buckingham, avait entrepris une de ces existences fabuleuses qui restent dans le cours des siècles comme un étonnement pour la postérité. ”
Georges Cuvier,
Histoire des sciences naturelles depuis leur origine jusqu'à nos jours…
(1841)
“ Le goût de George III se propagea en Angleterre parmi les hommes riches ; et si les jardins et les collections qui en résultèrent prouvaient plutôt la magnificence de leurs propriétaires que leurs connaissances réelles, ces établissemens n'en furent pas moins utiles aux hommes qui n'auraient pas pu se procurer autrement les objets de sciences qu'ils renfermaient. ”
George Washington, Mémoires, correspondance et manuscrits du général La Fayette… (1837-1838)
“ Sous un point de vue politique, il paraît encore plus instant d'aider les Américains. Je ne crains pas leur paix avec l'Angleterre, et si nous y portons la guerre, je suis persuadé qu'on obtiendra un grand succès ; mais pour resserrer encore les liens de l'amitié, pour assurer les moyens d'opérer contre l'ennemi, je ne voudrais pas qu'on refusât cette instante et dernière demande. Les dispositions de l'Amérique sont excellentes, nous n'avons rien à craindre que l'impossibilité de continuer ”
George Washington, Mémoires, correspondance et manuscrits du général La Fayette… (1837-1838)
“ On parle peu des dissensions de l'Irlande ; mais elles pourront se ranimer à l'époque de la réunion de son parlement et des revues. L'Angleterre ne prendra point part à la guerre, du moins au début. J'ai suivi vos ordres, mon cher général, et outre les personnes que vous m'aviez nommées, j'ai fait vos complimens à toutes celles que vous avez connues. — Dans peu de jours j'espère de vos nouvelles. A présent, mon cher général, que j'ai encore une fois joui du bonheur d'être près de vous, une correspondance exacte est plus que jamais nécessaire à mon coeur. ”
Louis Geoffroy, Napoléon et la conquête du monde
“ Le roi Georges III, sans troupes et sans moyens de résister, accepta ce fragment de royauté qu’on lui jetait en dédommagement de son empire, et alla tranquillement établir sa cour à Glasgow. C’est qu’en effet la force morale de l’Angleterre n’existait plus. Au moment où l’on avait abordé cette terre inabordable, le charme s’était rompu ; elle devenait une nation ordinaire, et elle devait être vaincue. ”
Charles Saint-Nexant de Gagemon, Des Six cents millions et plus dus par l'Angleterre à la France… (1865)
“ La France payer plus, beaucoup plus que la moitié des frais du couronnement de Georges IV, d'un roi d'Angleterre, c'est effacer de nos annales historiques cinq siècles de gloire et d'indépendance, c'est faire reculer notre grand pays jusqu'aux temps, de si douloureuse mémoire, du règne de Charles VI !!! ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Tous les souverains qui le flattent et le cajolent dans un intérêt personnel, le considèrent comme un aventurier, et ne croient pas plus à la stabilité de son trône ni à la durée de sa dynastie, qu’à des événemens d’une extrême improbabilité. Les Anglais, au contraire, qui jamais ne condescendent à flatter ni à cajoler qui que ce soit, mais qui cherchent l’intérêt de l’Angleterre, sont attachés à l’alliance française et à l’empereur des Français, parce qu’ils attachent une grande importance à des relations pacifiques avec la France. ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Histoire secrète d’Isabelle de Bavière…
(1953)
“ Dans l’état actuel des choses, la Grande-Bretagne est un royaume ; que le souverain, qui en occupe le trône, devienne roi de France : de ce moment, l’Angleterre n’est plus qu’une province, une partie intégrante de l’empire. ”
Le cabinet du 29 octobre, la chambre… (1843)
“ Puisqu'on a tant d'admiration pour les Anglais, on devrait bien ne pas oublier les causes de leur grandeur. Depuis l'avènement de Guillaume III, prince dont on a beaucoup parlé depuis quelques années, qui fut un grand capitaine et un politique profond, qui souleva l'Europe contre Louis XIV, dont la mort causade vifs regrets à Londres et à Amsterdam et des transports de joie chez la populace de Paris, l'Angleterre s'est toujours gouvernée elle-même. ”
Un mot sur la brochure "Napoléon III et l'Angleterre" (1858)
“ Aujourd'hui, l'Empereur est indispensable à l'Europe. « La vie du souverain, comme l'a dit Shakespeare, est précieuse pour tous, car lorsqu'elle vient à disparaître, un gouffre s'ouvre à la place qu'elle occupait, et tout ce qui était autour d'elle, elle l'entraîne avec elle. » Il faut donc que l'alliance qui a été cimentée par des rapports si heureux entre la France et l'Angleterre, alliance qui n'est pas l'ambition des conquêtes, mais bien la réunion des grands intérêts de la civilisation , et qui préserve l'Europe contre des empiétements et des agressions, soit sérieuse et durable ”
